BOKÉ/EXPLOITATION DES BAUXITES : QU’EN EST-IL DES CARRIÈRES ABANDONNÉES ?

Située au Nord-Ouest sur la côte maritime de la République de Guinée, la préfecture de Boké s’étend sur une superficie de 334 km2. Sa population est estimée à plus de 100 000 habitants. Cette localité a été érigée par le régime déchu, (Alpha Condé) comme une zone économique, au regard de la potentialité de gisements dont elle regorge. Ainsi une dizaine de sociétés minières se partagent le plateau bauxitique de cette région. Respectent-elles les dispositions du chapitre VII, du Code minier de la République de Guinée en ses articles 143, 144, qui stipulent respectivement sur la protection de l’environnement et de la santé ; la fermeture, réhabilitation des sites exploités.

Le Consortium SMB-Winning-UMS occupe une partie du plateau de la préfecture de Boké, notamment dans la sous-préfecture de Malapouya, dans la localité du district par exemple de Kanukolo, là, les citoyens n’ont quasiment plus où trouvé le bois de chauffe, le sol a été complètement rasé.

Lesdites sociétés minières réhabilitent-elles les carrières abandonnées ? Nous avons cherché la réponse à cette question auprès du directeur préfectoral de l’environnement des eaux et forêts de Boké, Ibrahima Talibé Diallo.

Selon lui, sur la dizaine des sociétés minières qui évoluent dans cette partie de la Guinée, chaque année une campagne de reboisement est lancée. Cette année, elle a été démarré dit-on le 9 août et a pris fin le 31 août 2021. « Pour le moment, le Réseau environnement bauxite est composé de la Compagnie des bauxites de Guinée, (CBG) ; Guinée alumina corporation, (GAC) ; Alliance minière responsable, (AMR) ; Alliance mining commodities, (AMC) ; Alufer et la Société des bauxites de Boké, (SMB). Ce Réseau dans le cadre de leur plan de travail annuel 2021, il a mené une campagne de restauration écologique au niveau de la tête de source du cours d’eaux de Tinguilita et sur le long des berges dudit cours d’eaux ; le site de Kodougou également avait été également reboisé », a déclaré le directeur préfectoral de l’environnement, des eaux et forêts de Boké. Il a précisé que ledit Réseau aurait mis des plants en terre sur près de 10 hectares lors de la campagne de reboisement de cette année.

A la question de savoir, si sa direction dispose des moyens, afin de pouvoir superviser l’effectivité des domaines abandonnés reboisés.

« Vous savez chaque société minière dans son plan annuel doit réhabiliter des carrières abandonnées, c’est une obligation. Nous avons même été témoin de ça, ils forment les pépiniéristes d’abord et ils font de pépinières », a-t-il rassuré.

Concernant le message à la population dans le cadre du reboisement, le cadre du département de l’environnement a indiqué que l’effort du reboisement doit être pris au sérieux. « Parce que la vie de l’homme dépend de l’arbre, sans eau pas de vie, sans arbre pas d’eau. Et donc, il faut que les populations essaient de comprendre qu’il ne s’agit pas toujours de construire beaucoup d’écoles ou de grands édifices. Il faut faire des actions de reboisement de grande envergure pour que la bataille contre le changement climatique soit gagnée », a-t-il conseillé.

De son côté, sexagénaire, Sory Sampou, plusieurs carrières seraient abandonnées par des sociétés minières sans qu’elles ne soient réhabilité. « Moi je suis un peu loin de cette carrière de l’autre côté. Mais il faut dire qu’il y a beaucoup de carrières abandonnées, elles n’ont jamais connues de reboisement »

Bien que Human Rights Watch ait fait des recommandations au gouvernement guinéen, dans une étude publiée en 2018, aucune n’a visiblement pas été appliquée par ce dernier.

Notamment le Renforcement du processus d’approbation des ressources des projets miniers : n’approuver que les projets d’industries extractives dont les entreprises ont évalué correctement les risques en matière de droits humains, ainsi que les risques sociaux et environnementaux, et démontré leur capacité à protéger les communautés des impacts négatifs liés au projet.

-Exiger que les communautés touchées aient accès à des conseils juridiques indépendants lorsque des études d’impact environnemental et social (EIES) sont menées par des entreprises et examinées par le gouvernement guinéen.

Améliorer le suivi des sociétés minières : renforcer la capacité des institutions gouvernementales à tous les niveaux, notamment celles du ministère de l’environnement et du Bureau guinéen d’études et d’évaluation environnementale, (BGEEE).

-Rendre les Comités préfectoraux de suivi environnemental et social (CPSES) opérationnel en leur donnant les équipements et financement nécessaire, le cas échéant payés par les sociétés minières, pour que les membres de ces comités puissent tous les trimestres effectuer des visites de sites dans chaque entreprise qui a des activités dans leurs localités. S’assurer que les rapports des missions des CPSES sont rendus publics.

Richard Tamoné pour Billetdujour.com

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