Ce vendredi 22 mai 2026, Conakry a accueilli l’opérationnalisation de Télémo, la nouvelle plateforme numérique dédiée à la gestion de la commande publique en Guinée. La cérémonie, organisée dans un complexe hôtelier de la capitale, a réuni des responsables gouvernementaux, des partenaires internationaux et des représentants du secteur privé, témoignant de l’importance accordée par l’État à la digitalisation des procédures publiques.
Parmi les personnalités présentes figuraient Mourana Soumah, ministre de la Communication, de l’Économie numérique et de l’Innovation ; Mariama Ciré Sylla, ministre de l’Économie, des Finances et du Budget ; le gouverneur de la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG) ; ainsi que l’ambassadeur du Rwanda en Guinée, Michel Minega Sebera. Étaient aussi représentés la Direction générale des marchés publics, la Confédération gère des entreprises de Guinée (CGE-GUI) et d’autres cadres des administrations publiques et privées. Mouslihou Diallo, coordonnateur du projet Télémo, a détaillé les objectifs et les principales fonctionnalités attendues de la plateforme.
Objectifs et fonctionnalités : dématérialiser, sécuriser, tracer
Selon les autorités, Télémo vise prioritairement à sécuriser la commande publique, à renforcer la transparence des marchés et à accélérer le traitement des dossiers. L’outil permettra la dématérialisation complète des procédures : planification des marchés, publication des appels d’offres, réception et suivi des offres, traçabilité des opérations et archivage sécurisé des informations. La plateforme ambitionne également d’assurer un accès équitable aux marchés pour toutes les entreprises, quelle que soit leur taille.
Mourana Soumah a souligné la portée de la réforme, la reliant à l’objectif présidentiel de bâtir une administration « plus performante, plus efficace et plus transparente ». « Il faut assainir les marchés publics pour développer durablement la Guinée. Aujourd’hui, Télémo apporte une réponse parfaite à cette ambition du président », a déclaré le ministre.
Il a rappelé le poids économique de la commande publique au plan mondial (13–15% du PIB) et a comparé la situation guinéenne à d’autres pays africains, citant des ratios de 11% pour la Guinée, 15% pour le Rwanda et le Sénégal, et 20–25% pour la Côte d’Ivoire. Ces chiffres illustrent, selon lui, le potentiel de la commande publique comme moteur de l’économie lorsqu’elle est bien gérée.
Pour la ministre Mariama Ciré Sylla, Télémo s’inscrit directement dans la vision stratégique du chef de l’État, Mamadi Doumbouya, et cadre avec le programme Simandou 2040. Ce projet de long terme vise à transformer les ressources minières en infrastructures, énergie, industrie et emplois durables. « Une telle ambition exige un État moderne, des institutions fortes et une gestion rigoureuse et transparente des ressources publiques. C’est précisément dans cette dynamique que s’inscrit Télémo », a-t-elle affirmé.
La ministre a présenté la plateforme comme un outil structurant de modernisation, appelé à faciliter la planification, la traçabilité et la rapidité d’exécution des marchés publics.
L’ambassadeur du Rwanda, Michel Minega Sebera, a salué la décision des autorités guinéennes de prioriser la digitalisation administrative et a réitéré l’engagement de Kigali à accompagner Conakry dans cette transition numérique. Cette coopération illustre un mouvement croissant d’échanges d’expertises entre pays africains dans le domaine des outils digitaux de gouvernance.
Si Télémo promet des progrès notables en matière de transparence et d’efficacité, plusieurs défis conditionneront son succès. Il faudra garantir la sécurisation des données, assurer la formation continue des agents publics et des opérateurs économiques, renforcer la couverture et la fiabilité des infrastructures numériques, et mettre en place des mécanismes de contrôle indépendants pour prévenir fraudes et collusions. La réussite dépendra aussi de la conduite du changement au sein des administrations et du suivi post‑déploiement pour transformer l’outil en pratique quotidienne.
L’opérationnalisation de Télémo marque une étape symbolique et technique dans la modernisation de l’État guinéen. Si la plateforme tient ses engagements, elle pourra contribuer à restaurer la confiance des investisseurs, améliorer la gestion des ressources publiques et accompagner la mise en œuvre des grands projets nationaux, notamment Simandou 2040. Reste à vérifier, dans les mois à venir, la capacité des pouvoirs publics à traduire cette promesse technologique en résultats concrets pour l’économie et la société guinéennes.
A‑Tchol pour Billetdujour.com






































