La situation des militants des partis politiques en Guinée est devenue préoccupante. De nombreux acteurs politiques se retrouvent derrière les barreaux, souvent sans motifs clairs ni procès équitables. L’arrestation récente du président du Mouvement Démocratique Libéral (MoDeL), Aliou Bah, ainsi que la suspension et la dissolution de plusieurs partis politiques, illustrent cette tendance inquiétante et soulèvent des interrogations sur le respect des droits fondamentaux.
Face à cette répression, certains militants, comme Fodé Alimou Fofana, âgé d’une vingtaine d’années, choisissent l’exil pour échapper à une pression devenue insoutenable.
Membre actif du RPG Arc-en-ciel depuis 2017, alors qu’il avait 18 ans, Fodé Alimou Fofana incarne cette génération de jeunes militants déterminés à défendre leurs convictions malgré les risques. Depuis la perte du pouvoir par son parti le 5 septembre 2021, le RPG Arc-en-ciel a vu plusieurs de ses cadres et responsables emprisonnés, plongeant ses militants dans une lutte constante pour la libération de leurs leaders.
En tant que premier secrétaire chargé de la mobilisation du parti à Zérékoré, Fodé Alimou Fofana organisait régulièrement des rassemblements avec ses collègues pour réclamer la libération des cadres emprisonnés et dénoncer certaines violations des droits de l’homme. Ces actions, pourtant pacifiques, ont conduit à des accusations de trouble à l’ordre public, le plaçant dans une situation où il est désormais recherché par les autorités.
Selon un membre de sa famille, qui a souhaité garder l’anonymat, Fodé Alimou Fofana est porté disparu depuis le 28 décembre 2025 , deux jours après l’arrestation d’Aliou Bah. Loin d’être un cas isolé, sa disparition plonge sa famille et ses proches dans une inquiétude totale, ne sachant plus vers qui se tourner ni où chercher de l’aide.
Cette répression des militants politiques en Guinée ne se limite pas à un parti ou à une idéologie. Elle touche l’ensemble du paysage politique, créant un environnement où l’expression démocratique est gravement menacée. Les arrestations arbitraires, les intimidations et les pressions économiques contraignent les militants à choisir entre le silence, l’exil ou la prison.
Cette réalité soulève des questions fondamentales sur l’avenir de la démocratie en Guinée. Si les militants politiques, moteurs du débat public et de la pluralité des idées, sont systématiquement réduits au silence, le pays risque de s’enfoncer dans une gouvernance autoritaire où les voix dissidentes sont étouffées. Il est impératif que les autorités guinéennes prennent des mesures concrètes pour garantir la liberté d’expression et protéger les droits des militants politiques, afin de préserver les fondements démocratiques du pays.
Ahmed Diallo pour Billetdujour.com





































