Depuis la prise de pouvoir par le Comité National du Rassemblement pour le Développement (CNRD) le 5 septembre 2021, la Guinée traverse une période marquée par des tensions politiques et des défis liés à la gestion des oppositions. Parmi les figures de l’opposition, Aliou Bah, président du Mouvement Démocratique Libéral (MoDeL), fait face à des procédures judiciaires importantes.
Ce mardi 22 avril 2025, le parquet général a requis une peine de cinq ans de prison contre Aliou Bah, poursuivi pour des faits d’offense et de diffamation envers le chef de l’État. Ces accusations avaient déjà conduit à une condamnation en première instance par le tribunal correctionnel de Kaloum, qui lui avait infligé une peine de deux ans de prison. Le parquet général de la Cour d’appel a estimé cette sanction insuffisante et a plaidé pour une aggravation, une démarche qui a suscité des réactions de la part des défenseurs des droits humains.
Ce procès intervient dans un contexte où plusieurs opposants, tels que Foniké Mengué et Mamadou Billo Bah, sont portés disparus depuis plusieurs mois, et où d’autres figures publiques, comme le journaliste Habib Marouane Camara, ont été arrêtées. Ces événements soulignent les défis auxquels le pays est confronté dans la gestion des voix critiques et la préservation des équilibres politiques.
La situation d’Aliou Bah reflète les enjeux actuels liés à la coexistence entre les différentes sensibilités politiques en Guinée. Son procès en appel, marqué par des réquisitions du procureur Fallou Doumbouya, met en lumière les dynamiques complexes du paysage politique et judiciaire du pays. Cette affaire, comme d’autres, illustre les défis liés à la consolidation des institutions et au respect des principes démocratiques.
Binta Wann