Un incendie d’une intensité exceptionnelle s’est déclaré ce lundi après-midi au quartier Madina, à la gare routière de Siguiri. Le sinistre a ravagé un immeuble R+5 abritant des commerces et une école maternelle. Le feu, dont l’origine reste inconnue, a éclaté vers 16 heures alors que des enfants étaient encore en classe.
La fumée s’est rapidement répandue dans les étages, piégeant élèves et enseignants. Les cris de détresse ont alerté les riverains, qui se sont aussitôt mobilisés aux côtés des premiers secouristes.
Face à l’urgence, une opération de sauvetage improvisée s’est mise en place. Des matelas ont été installés au pied de l’immeuble pour réceptionner les enfants contraints de sauter par les fenêtres. D’autres volontaires ont utilisé cordes et échelles pour faciliter l’évacuation.
Bangaly Nabé, l’un des premiers intervenants, raconte . « Dès mon arrivée, j’ai grimpé pour atteindre les enfants. Certains suffoquaient déjà. J’ai porté une fillette handicapée sur mon dos et nous avons descendu par une corde, alors que les flammes gagnaient du terrain. D’autres élèves ont pu être évacués par les fenêtres. »
Ahmed Kanté, témoin, déplore la lenteur des sapeurs-pompiers :« Ce que nous avons vécu est un véritable désastre. Les secours ont mis trop de temps à arriver, alors que l’incendie avait commencé dès 16 heures. »
Grâce à la mobilisation citoyenne, aucune perte en vie humaine n’a été enregistrée. Plusieurs enfants et adultes ont toutefois souffert d’asphyxie, de crises de panique ou de blessures légères. Ils ont été pris en charge dans les structures sanitaires les plus proches.
Abdouramane Diakité souligne la force de cette solidarité :« Nous avons agi comme une armée pour sauver les enfants. Tous les élèves de cette école sont du quartier. Heureusement, aucune vie n’a été perdue, mais tout le contenu de l’immeuble est parti en fumée. »
À l’heure où nous quittions les lieux, l’origine du sinistre n’était pas encore déterminée. Les autorités locales ont annoncé l’ouverture d’une enquête pour établir les causes de ce drame, qui aurait pu coûter la vie à des dizaines d’enfants.
Binta Wann





































