Désormais à Conakry, toute personne qui déverse des eaux usées sur la voie publique payera une amende de 15 millions GNF Cette décision suscite une vague d’incompréhension et de scepticisme au sein de l’opinion publique. Dans un pays où le revenu par habitant reste très faible et où de nombreuses familles ne parviennent à manger qu’une seule fois par jour, cette mesure apparaît non seulement disproportionnée, mais pratiquement impossible à appliquer.
Beaucoup d’observateurs estiment que si le montant avait été fixé à 300 000 GNF, voire 500 000 GNF au maximum, les citoyens et les agents auraient pris la mesure au sérieux. À ce niveau, l’amende aurait pu jouer son rôle dissuasif, sans pour autant écraser des familles déjà fragilisées par la précarité. Mais à 15 millions GNF, la sanction devient une abstraction : quel citoyen ou quelle famille peut réellement s’acquitter d’une telle somme ?
Dans ce contexte, la décision risque de se transformer en une opportunité pour certains agents sur le terrain de multiplier les arrangements informels, au détriment de la transparence et de la crédibilité de l’État. Les critiques pointent du doigt un décalage flagrant entre les autorités qui conçoivent ces mesures et le quotidien des Guinéens, révélant une méconnaissance des réalités sociales.
Le lancement des opérations est prévu pour le 20 février, avec des agents désormais dotés de véhicules pour assurer la mise en œuvre. Mais pour le peuple de Guinée, c’est un autre moment d’incertitude qui s’annonce : celui où une décision administrative risque de creuser davantage le fossé entre les institutions et les citoyens.
Mobaillo Diallo






































