La République Guinée est confrontée actuellement à une crise silencieuse mais profonde dans son système éducatif. Les salles de classe, censées être des refuges de savoir et d’avenir, se voient fragilisées par des dérives sociales et des violences qui minent la jeunesse. Le drame survenu  vendredi 20 février 2026 à Dar-Es-Salam 1, dans la commune de Gbéssia, en est une illustration tragique.
Aux environs de midi, la population a été bouleversée par la découverte du corps sans vie de Mamadou Diallo, élève en terminale, né en 2006. Il a été retrouvé pendu dans une chambre d’une maison en construction appartenant à son frère.
Selon les témoignages, Mamadou n’avait plus été aperçu depuis la veille, après la rupture du jeûne. C’est sa mère, en voulant rentrer les poules avant de se rendre au marché, qui a découvert la scène insoutenable. Les voisins, alertés par ses cris, n’ont pu que constater l’irréversible.
Encore sous le choc, Abdoulaye Diallo, père du défunt, raconte : « Hier, nous avons travaillé ensemble sur le chantier jusqu’à 16 heures. Ensuite, je suis sorti en le laissant sur place. Depuis ce moment, je ne l’ai plus revu. Ce matin, sa maman a découvert son corps suspendu. À mon retour, j’ai trouvé mon fils ainsi… »
À la question de savoir si Mamadou souffrait de troubles mentaux, le père a répondu par la négative, précisant seulement que son fils se plaignait de maux de ventre deux jours auparavant.
Ce drame n’est pas isolé. Il s’inscrit dans une série de phénomènes inquiétants : violences scolaires, suicides, perte de repères. L’école guinéenne, jadis perçue comme un tremplin vers l’avenir, semble aujourd’hui vaciller sous le poids des crises sociales et du manque d’encadrement.
La mort de Mamadou Diallo doit être un électrochoc. Elle interpelle les autorités, les éducateurs, les parents et la société tout entière sur l’urgence de redonner à l’école son rôle premier : former, protéger et inspirer.
Au-delà de la douleur d’une famille endeuillée, c’est la conscience nationale qui doit s’éveiller. La jeunesse guinéenne mérite un environnement scolaire sain, loin des violences et des dérives, où chaque élève peut rêver et construire son avenir.
Le drame de Dar-Es-Salam est un cri silencieux mais puissant. Il rappelle que derrière chaque statistique se cache une vie, une famille, une promesse brisée. Et que l’éducation, si elle n’est pas protégée, peut devenir le théâtre des plus grandes tragédies.
Mobaillo Diallo