Considérées comme zones réservées par le gouvernement guinéen, plusieurs maisons continuent d’être ciblées par les autorités pour démolition.
Dans la commune de Ratoma, précisément à Koloma, Kipé, Kaporo-rails et leurs environs, c’est la panique totale, alors que les bulldozers de l’État commencent à pénétrer dans les quartiers.
Alors que des parents, désespérés, lancent des appels au secours pour demander aux autorités d’épargner leurs maisons, des leaders de cette partie de la haute banlieue de Conakry s’interposent face aux forces de défense et de sécurité déployées pour sécuriser les lieux.
En ce mois d’août 2019, malgré la saison des pluies, les déguerpissements se poursuivent. Sur place, on constate des expulsions forcées avec la démolition des commerces et des habitations.
« Vous voyez, nos bagages sont dehors. Nous cherchons des proches qui pourront nous aider à les reloger. Ce n’est pas le moment de parler aux médias », nous confie une mère de famille, entourée de ses enfants, devant la cour de sa maison, attendant l’arrivée des bulldozers.
Un peu plus loin, des jeunes du quartier affrontent les forces de sécurité.
« Ils continuent d’arrêter nos leaders. Grand Amadou a été arrêté hier. En juin, c’était pareil. Hier, c’est l’un de nos leaders, Mamadou Lamrana Sidibé, qui a été arrêté. On ne sait même pas où est-ce qu’il a été amené. Ils utilisent des personnes qui nous connaissent pour nous cibler. Mais ces policiers ne vont pas nous décourager. Ils ont démoli nos maisons et maintenant, ils nous arrêtent pour avoir protesté », témoigne Aliou Sow.
A quelques mètres, la famille de Mamadou Lamrana Sidibé reste dans l’inquiétude totale. «Nous sommes sans nouvelles de notre fils», laisse-t-on entendre.
Alphonse Tchotcho pour Billetdujour.com