Les arrestations ciblées de responsables et militants de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) se poursuivent dans un climat politique de plus en plus tendu. Parmi les dernières victimes de cette répression, M. Diallo Alpha Oumar, secrétaire chargé de l’information et de la communication du bureau fédéral de Ratoma III, a été arrêté dans la nuit du mercredi 7 février 2018 à son domicile de Yatayah Foulamadina, dans la commune de Ratoma.

Selon plusieurs témoins rencontrés par notre rédaction, l’arrestation de M. Diallo est intervenue au lendemain d’une journée de manifestations organisées par l’opposition républicaine, contestant les résultats des élections communales du 4 février. Des agents de la gendarmerie l’ont conduit à l’escadron n°2 de Hamdallaye, où il aurait été détenu et torturé pendant six jours.

Cette arrestation s’inscrit dans une série d’interpellations visant des responsables de l’UFDG dans les quartiers réputés favorables à l’opposition. Malgré nos sollicitations, les autorités n’ont pas souhaité commenter ces événements.

Le jour même de son arrestation, l’entreprise de M. Diallo située au grand marché de Madina aurait été incendiée, selon une source familiale ayant requis l’anonymat. Après sa libération, M. Diallo a été admis à l’hôpital Donka, où il est resté hospitalisé une dizaine de jours avant de succomber à ses blessures le 21 février 2018.

Les organisations de défense des droits de l’homme dénoncent régulièrement les violences commises lors des manifestations politiques en Guinée. « Jusqu’à présent, aucune des investigations menées dans le cadre des violences commises au cours des manifestations n’a conduit à un procès », déplorait en mars 2017 la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH), aux côtés d’autres ONG.

Le décès de M. Diallo Alpha Oumar vient s’ajouter à une longue liste de victimes dont les familles attendent toujours justice. L’UFDG, quant à elle, dénonce une répression systématique et appelle à une enquête indépendante sur les circonstances de cette arrestation et de ce décès.

Binta Wann