Le Collectif des Médecins, Pharmaciens et Chirurgiens-Dentistes en spécialisation a vivement réagi au communiqué du procureur sur l’autopsie de l’étudiant Abdoulaye Ba, décédé dans des circonstances troubles à l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD). Ce démenti public marque une nouvelle escalade dans les tensions récurrentes entre experts médicaux et justice, sapant irrémédiablement la crédibilité des institutions judiciaires.
Cette affaire s’inscrit dans une série de maladresses qui émaillent les relations entre magistrats et professionnels de santé. Rappelons le cas de Farba Ngom, où les juges avaient délibérément ignoré l’avis des médecins. Aujourd’hui, les praticiens contestent ouvertement les conclusions du procureur sur l’autopsie d’Abdoulaye Ba, un étudiant qui cumulait deux casquettes explosives : expert en médecine et figure de la jeunesse universitaire connectée. La complexité de ce dossier réside dans la maîtrise par cette génération des nouvelles technologies de l’information. En temps réel, des vidéos documentant les faits, y compris les présumées violations des droits humains à l’UCAD/Université Cheikh Anta Diop circulent sur les réseaux sociaux, sont commentées et relayées par les médias internationaux.
Dans ce monde nouveau, une jeunesse universitaire politisée, qui a massivement soutenu Pastef lors des récentes élections, refuse les manipulations de l’information. Influenceurs, chroniqueurs et plateformes numériques façonnent désormais l’opinion publique, rendant illusoires les tentatives de contrôle narratif. Face à cette dynamique, la justice sénégalaise paie un lourd tribut. Après les déboires du ministre de l’Intérieur, il urge de protéger le procureur et l’institution judiciaire d’une érosion supplémentaire de leur image. Les violences à l’université, fléau chronique antérieur à l’ascension de Pastef, s’aggravent avec le temps et méritent une attention urgente.
Notre rôle, en tant que médias et observateurs, est de commenter ces dysfonctionnements et de formuler des recommandations claires : promouvoir un débat collectif, serein et consensuel pour identifier des solutions durables. Pastef, au pouvoir, doit prendre la mesure des complexités de cette question sécuritaire et universitaire. Des temps difficiles appellent une gouvernance inclusive, loin des surenchères.
Le Collectif des Médecins, Pharmaciens et Chirurgiens-Dentistes en spécialisation alerte ainsi : il est temps de restaurer la confiance par la transparence et le dialogue.
Transcription via page X Alioune Tine





































