En Guinée, seulement 6 % des billets mis en circulation réintègrent le circuit bancaire, selon le 1er vice-gouverneur de la Banque centrale (BCRG), Mohamed Lamine Conté. L’annonce a été faite le 26 août 2025 lors d’une rencontre stratégique avec les Établissements de Monnaie Électronique (EME). 
Les 94 % restants échappent au système bancaire, reflet entre autres d’une confiance limitée envers l’État et les banques, d’une forte thésaurisation (« argent sous le matelas ») et d’une informalité massive (92 % du secteur privé, selon la Banque mondiale).
Pour compenser, la BCRG multiplie les commandes. Le 2 juillet, en marge de la présentation du rapport du FMI sur les perspectives économiques régionales, le gouverneur Karamo Kaba a annoncé un approvisionnement en billets de plus de 2 500 milliards GNF pour les mois d’août, septembre et octobre. La note de commerce extérieur de juillet 2025 confirme cette tendance : les importations de billets, timbres et chèques sont passées de 78,9 milliards GNF en juin à 1 624,3 milliards en juillet (+1 957 %).
Autrement dit, la Banque centrale fait fabriquer à grands frais, mais les billets disparaissent aussitôt dans l’économie informelle, sans jamais revenir dans les banques. Résultat : il faut recommencer encore et encore. Un cercle vicieux qui illustre la vulnérabilité profonde de la politique monétaire guinéenne.
Via page X Facely Konaté