Il est des parcours qui imposent le respect. Après quatorze années passées en Europe, là où beaucoup cherchent à bâtir un confort définitif, l’artiste compositeur Abdoulaye Sawpith Camara, connu sous le nom de « Bras Cassé », a choisi le retour. Non par dépit, mais par fidélité à la culture de son pays. En Guinée, il a préféré valoriser nos rythmes et traditions, sacrifiant la sécurité financière de l’Occident pour l’amour du terroir.
En 2022, aux côtés de l’immense Binta Laly Sow, Bras Cassé a été élevé au rang de dignitaire de l’ordre national du mérite. Si cette distinction est une reconnaissance symbolique de premier plan, l’artiste rappelle aujourd’hui une vérité crue : « la gloire ne protège pas du besoin ».
À 79 ans, le temps des scènes et des tournées s’efface devant celui de la fatigue et des exigences de santé. L’appel qu’il adresse au Président Mamadi Doumbouya n’est pas une quête d’aumône, mais un plaidoyer pour la dignité. Il souhaite bénéficier d’un accompagnement comparable à celui accordé à certains de ses pairs, afin de stabiliser sa fin de vie. Passer du statut de Trésor humain vivant à celui de citoyen jouissant d’une retraite décente et d’un cadre de vie serein.
L’histoire de Bras Cassé nous rappelle que si les chansons sont éternelles, ceux qui les créent restent mortels et fragiles. Il est encore temps d’offrir à ce doyen une existence digne, à la hauteur du patrimoine qu’il nous a légué.
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