Le sommet sur le terrorisme à Freetown, réunissant les chefs d’état-major des armées de la CEDEAO (Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest) du 24 au 27 février 2026, vise à coordonner la lutte antiterroriste régionale, avec un focus sur une force en attente de 1 650 hommes opérationnelle d’ici fin 2026. Parallèlement, le 23 février 2026, des forces guinéennes ont interpellé 16 militaires sierra-léonais à la frontière près de Faranah pour incursion présumée sur territoire guinéen, saisissant leurs équipements. Ce timing crée un paradoxe politique flagrant entre coopération multilatérale et tensions bilatérales. 

Contexte du sommet

Les chefs d’état-major de la CEDEAO se réunissent à Freetown pour opérationnaliser une brigade antiterroriste face à l’avancée des groupes jihadistes vers les côtes ouest-africaines. L’objectif est de renforcer les frontières, le renseignement partagé et les opérations conjointes, dans un contexte de menaces persistantes au Sahel. La Sierra Leone, hôte et présidente en exercice via Julius Maada Bio, pousse pour un financement durable et une mobilisation rapide.

Détails de l’incident frontalier

Le 23 février, des militaires sierra-léonais (16 dont un officier) ont été surpris installant une tente et hissant leur drapeau sur sol guinéen à Faranah, menant à leur interpellation par l’armée guinéenne. La Guinée justifie cela par la préservation de son intégrité territoriale et exhorte ses forces à la vigilance. La Sierra Leone dénonce une incursion et engage des canaux diplomatiques pour la libération, dans un climat de disputes frontalières récurrentes comme à Yenga.

Paradoxe politique

Ce clash bilatère survient au pire moment, juste avant ou pendant le sommet multilatéral où Guinée et Sierra Leone doivent collaborer contre le terrorisme. Il souligne l’hypocrisie potentielle de la CEDEAO : prôner l’unité contre des ennemis externes tout en gérant des frictions internes qui affaiblissent la cohésion. Cela risque de miner la crédibilité de la force antiterroriste naissante, en exposant des faiblesses logistiques et de confiance aux frontières.

Implications régionales

Les tensions Guinée-Sierra Leone rappellent des incidents passés, amplifiant les vulnérabilités frontalières exploitées par les terroristes. Pour la CEDEAO, cela teste la capacité à prioriser la sécurité collective sur les rivalités nationales, potentiellement via médiation diplomatique urgente. Sans résolution rapide, cela pourrait freiner le déploiement de la brigade et favoriser l’expansion jihadiste dans les zones côtières.

A-Tchol pour Billetdujour.com