Dans un décret retentissant signé mardi par le président Mamadi Doumbouya, Alphonse Charles Wright, éminent magistrat et ancien ministre de la Justice, est nommé procureur spécial à la Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières (CRIEF).
Ce poste stratégique, échange contre celui d’Aly Touré promu premier président de la Cour d’Appel de Conakry, place Wright en première ligne de la traque aux malversations qui gangrènent l’administration guinéenne.
Un profil taillé pour la guerre économique
Ancien président de la Cour d’Appel de Conakry depuis février 2026, Wright cumule des décennies d’expérience judiciaire et un passage au ministère de la Justice. Sa nomination, proposée par le Garde des Sceaux et validée par le Conseil Supérieur de la Magistrature, n’est pas anodine : elle cible directement les détournements de fonds publics, les marchés truqués et les réseaux de corruption qui plombent les services de l’État, des ministères aux collectivités locales. Avec la CRIEF comme arme, Wright pourrait relancer des enquêtes dormantes et frapper fort là où l’impunité prospère.
La corruption, talon d’Achille de l’administration
En Guinée, les scandales financiers se multiplient : surfacturations de projets d’infrastructures, pots-de-vin pour des recrutements fictifs, détournement d’aides humanitaires. Cette nomination envoie un signal clair au président Doumbouya : la transition accélère sa croisade anticorruption pour restaurer la confiance des citoyens et attirer les investisseurs. Touré, ancien procureur à la CRIEF, assure quant à lui la continuité à la Cour d’Appel, évitant tout vide judiciaire.
Perspectives et défis
Wright hérite d’une juridiction sous pression, souvent critiquée pour son manque de résultats concrets. Sa feuille de route ? Des condamnations exemplaires pour assainir l’administration et booster l’État de droit. Reste à voir si cette rotation audacieuse portera ses fruits ou si les résistances internes l’emporteront.
A-Tchol pour Billetdujour.com





































