Au 39ᵉ Sommet de l’Union africaine (UA), Mamadi Doumbouya, président de la Guinée, a transformé un forum sur l’eau en tribune pour son mégaprojet Simandou. Ce samedi, sous le thème de l’accès durable à l’eau et à l’assainissement, pilier de l’Agenda 2063, les chefs d’État africains ont applaudi une vision guinéenne qui dépasse les mines pour viser une souveraineté économique continentale.

Pionnière du panafricanisme via l’OUA, la Guinée a rappelé son rôle historique. Doumbouya y a greffé une ambition concrète : une Afrique qui transforme ses minerais sur place, plutôt que de les exporter bruts. « Simandou n’est pas qu’un gisement de fer, c’est le moteur d’une révolution industrielle pour des générations », a-t-il lancé, déclenchant une ovation nourrie au Centre Nelson Mandela.

Ce discours stratégique coïncide avec un passage de témoin à la tête de l’UA : João Lourenço (Angola) cède la présidence tournante à Évariste Ndayishimiye (Burundi), promettant une nouvelle dynamique. Hors séance, Doumbouya a enchaîné les bilatérales « fraternelles » avec homologues africains, signe d’une diplomatie guinéenne revigorée après la transition politique. Finis l’isolement et les sanctions : Conakry se repositionne comme acteur clé.

À l’issue du sommet, immortalisé par la photo officielle, l’écho de Simandou résonne. Pour la Guinée, ce projet ferroviaire et sidérurgique pourrait générer des milliers d’emplois et des milliards en valeur ajoutée, un modèle pour l’Afrique face à la Chine et l’Occident.

A-Tchol pour Billetdujour.com