Lundi 3 mars, la capitale s’est réveillée au rythme des files interminables devant les stations-service.

Ce matin, Conakry a connu une scène inhabituelle mais révélatrice : des centaines de véhicules alignés en fil indien devant les rares stations encore approvisionnées. Les klaxons, les visages crispés et les disputes autour des pompes traduisent une tension palpable.

Sur le marché noir, le litre d’essence s’arrache désormais à 20 000 francs guinéens, contre 13 000 francs seulement avant la crise. Une flambée brutale qui met à genoux les chauffeurs de taxi, les transporteurs et les ménages déjà fragilisés par la hausse du coût de la vie.

Pour de nombreux observateurs, cette pénurie n’est pas un simple accident logistique. Elle serait la conséquence directe des secousses géopolitiques : la guerre ouverte entre l’Iran et les États-Unis perturbe les circuits d’approvisionnement mondiaux, et la Guinée en paie le prix fort.

Dans les rues de Conakry, les citoyens dénoncent une dépendance excessive aux importations et appellent les autorités à trouver des solutions durables. Car au-delà de l’essence, c’est la mobilité, l’économie et le quotidien de millions de Guinéens qui sont menacés.

Binta Wann