Ce mardi 11 novembre, le candidat indépendant à la présidentielle du 28 décembre 2025, Cheick Abdoul Camara était en face des hommes de médias, et par ricochet le grand public pour débattre le thème : « Élection présidentielle – Déroulement du processus électoral.»
La maison de la presse de Guinée, située au quartier Minière, commune de Dixinn a servi de cadre à cet effet le candidat indépendant recalé par la cour suprême s’est adressé au peuple de Guinée en ces termes:
« Nous portons à la connaissance de l’opinion nationale et internationale que notre candidature
indépendante à l’élection présidentielle du 28 décembre 2025 n’a pu être déposée pour les raisons suivantes :
1. Une rupture grave de transparence : l’OTIGE remplacé par la DGE sous tutelle ministérielle
La Constitution, en son article 174, confie l’organisation des élections à l’OTIGE (Organe Technique
Indépendant de Gestion des Élections), garant de neutralité et de transparence. Or, le code électoral
promulgué irrégulièrement le 27 septembre 2025 attribue cette mission à la DGE (Direction Générale
des Élections), créée par décret présidentiel et placée sous la tutelle du ministère de l’Administration
du territoire. Ce changement structurel compromet l’indépendance du processus électoral, d’autant plus que le
président de la Transition, initiateur de ce décret, est lui-même candidat à l’élection présidentielle. Il
est donc juge et partie, ce qui constitue une atteinte manifeste au principe d’impartialité électorale.
2. Un parrainage verrouillé et discriminatoire.
Le système de parrainage est biaisé. Les délégations spéciales, nommées par le président de la
Transition en avril 2024 pour six mois, ont vu leur mandat expirer sans renouvellement démocratique.
Aucune d’entre elles n’a accepté de parrainer un autre candidat indépendant que le Président de la
Transition. Ce verrouillage viole le principe d’égalité entre les candidats et empêche concrètement toute candidature indépendante.
3. Une promulgation irrégulière du code électoral.
La Constitution exige, dans ses articles 127, 131 et 142, que toute loi organique soit soumise au
contrôle préalable de la Cour constitutionnelle. Le code électoral, pourtant loi organique, a été
adopté le 27/09/2025 et promulgué le même jour par le président de la Transition sans cette étape
cruciale. Il ne possède donc aucune valeur normative.
4. Des actes administratifs fondés sur un texte juridiquement inexistant.
Tout acte pris sur la base du code électoral promulgué le 27 septembre 2025 est nul et de nul effet.
Sont concernés entre autres :
• Le décret D/2025/0178/PRG/SGG fixant la date du scrutin présidentiel ;
• La décision N°D/2025/164/MATD/DGE fixant le montant de caution pour le dépôt de candidature et le plafond des dépenses ;
• Les communiqués de la DGE relatifs aux commissions de travail, aux parrainages et formulaires associés ;
• Tout acte pris par la DGE en application du code électoral promulgué le 27 septembre 2025
5. Des contradictions flagrantes entre le code électoral et la Constitution;
• Âge minimum : 40 ans selon la Constitution (art. 45), 44 ans selon le code électoral (art. 127);
• Présomption d’innocence : garantie par la Constitution (art. 10), violée par l’interdiction faite
aux personnes visées par un mandat d’arrêt (art. 135 du code électoral) ;
• Organe électoral : OTIGE selon la Constitution (art. 174), DGE selon le code électoral (art.
341) ;
• Parrainage : confié aux maires (art. 248 a du code électoral), mais exercé par des délégations
spéciales nommées par le président de Transition et dont les mandats sont expirés (art. 341
du code électoral).
Recours engagés devant la Cour suprême
Face à ces irrégularités, j’ai constitué le cabinet de Maître Mamoudou SANÉ qui a saisi la Cour suprême le 31 octobre 2025.
Deux requêtes ont été déposées : l’une en annulation des actes administratifs illégaux, l’autre en
sursis à exécution, dans l’attente d’un jugement sur la constitutionnalité du code électoral concerné.
Conclusion juridique
La violation du principe de suprématie constitutionnelle et du principe de légalité administrative
entache le code électoral d’un vice d’inconstitutionnalité manifeste. Cette irrégularité procédurale
substantielle remet en cause la validité et la crédibilité du processus électoral en cours.
Comment comprendre que le Président de la Transition, premier garant du respect de la Constitution qu’il a lui-même promulguée le 26 septembre 2025, ait signé dès le lendemain, le 27 septembre
2025, un décret de promulgation d’une loi organique — le code électoral — sans contrôle préalable
de la Cour constitutionnelle, en violation flagrante des articles 127, 131 et 142 de ladite Constitution
?
Où est passée la fameuse promesse : « La justice sera la boussole » ? Cette phrase, qui avait suscité l’espoir au début de la transition, semble aujourd’hui reléguée au rang de slogan sans substance, face à des actes qui bafouent ouvertement les principes constitutionnels.
La demande de contrôle par exception de la légalité constitutionnelle constitue une ultime opportunité pour la Cour suprême de corriger une impasse juridique qui, si elle n’est pas levée,
plongera la nation dans une insécurité juridique et judiciaire.
Appel solennel à l’unité et à l’action citoyenne.
Face à cette impasse juridique et démocratique, j’en appelle à tous les Guinéens, de toutes régions,
de toutes générations, à se lever et à se joindre à moi dans cette initiative de vérité, de justice et de
renouveau.
Ce combat n’est pas celui d’un homme seul. Il est celui de tout un peuple qui refuse de voir ses droits
confisqués, ses libertés piétinées, et sa Constitution violée. Personne ne le fera à notre place. C’est à
nous, citoyens responsables, de mouiller le maillot, de défendre notre souveraineté et de bâtir
l’avenir que nous méritons.
Le code électoral imposé est anti-constitutionnel. Il ne peut servir de fondement à une élection libre et crédible.
Nous ne changerons pas ce pays en nous contentant d’affirmer des vérités. Le changement viendra
par des actes courageux, par une mobilisation pacifique mais déterminée, par une unité nationale
autour des principes de justice, de transparence et de dignité.
Je vous invite à vous tenir debout, à refuser l’inacceptable, à soutenir cette démarche citoyenne et
juridique.
Ensemble, faisons entendre notre voix !
Ensemble, faisons respecter notre Constitution !
Ensemble, faisons triompher La Guinée !
Vive la Guinée libre et souveraine !
Vive le peuple debout !
WON KELI WON TI WON LAN
Conakry, le 11 novembre 2025″,
a déclaré Cheick Abdoul Camara, candidat indépendant à l’élection présidentielle guinéenne
A-Tchol pour Billetdujour.com










































