Des témoignages glaçants, recueillis auprès de proches du défunt Oumar Fadiga, un citoyen guinéen résidant au Sénégal, feraient état d’une arrestation brutale, de vols et de mauvais traitements ayant conduit à sa mort en détention. Les faits, survenus dans un quartier non précisé de la région, soulèveraient de graves questions sur les agissements présumés de gendarmes.

Une irruption nocturne marquée par la violence

Le mardi vers 23 heures, des bruits auraient réveillé Kaousou Camara, oncle du défunt. S’il sortait pour s’informer, on lui aurait indiqué la présence de gendarmes. Oumarba lui aurait conseillé de ne pas sortir, mais Kaousou Camara aurait tout de même franchi le seuil. Il aurait alors surpris les gendarmes en train de frapper Oumar. Prétextant se rendre aux toilettes, il aurait essuyé une menace de perquisition. Les gendarmes auraient fouillé sa maison sans y trouver d’argent.

Poursuivant ses questions sur les motifs de l’intervention, une enquête, aurait-on vaguement répondu, Kaousou Camara n’aurait obtenu aucune explication claire. Tentant de filmer la scène, un gendarme lui aurait frappé les mains et menacé de le tuer. Pendant ce temps, dans la maison d’Oumarba, les gendarmes au nombre de quatre selon le témoignage de la veuve auraient roué de coups leur cible, cassé sa valise pour s’emparer de 6 millions de FCFA, saisi six téléphones et les papiers d’une moto récemment achetée.

La femme d’Oumar, Fanta Traoré, aurait reçu un coup violent en tentant d’intervenir, son bébé pleurant dans l’effroi. Les assaillants auraient finalement autorisé la mère et l’enfant à sortir. Menotté avec un autre individu, Oumarba aurait été emmené au poste cette nuit-là, tandis que les trois autres gendarmes partaient, laissant un quatrième à la maison.

Tentative d’extorsion et calvaire en détention

Fanta Traoré témoignerait que le gendarme resté sur place l’aurait accostée alors qu’elle se préparait à dormir. Il lui aurait réclamé plus d’argent, arguant que 6 millions restaient insuffisants, avant de tenter de la violer en échange d’une restitution. Elle aurait refusé catégoriquement. Depuis, elle n’aurait plus revu son mari. Le lendemain, Kaousou Camara se rendrait au poste pour des explications, en vain. Insistant pour voir Oumar et lui porter à manger que les gendarmes auraient consommé devant lui, il n’aurait obtenu que du silence. Proposant même une négociation financière, il essuierait un refus. Le mercredi suivant, il surprendrait des coups portés à Oumar dans sa cellule ; ce scénario se répéterait à chaque visite. Le vendredi, on lui annoncerait un transfert, mais là encore, aucune entrevue ne lui serait accordée, sous prétexte d’un jugement imminent et d’absence du procureur.

Revenant le mardi du jugement, il apprendrait qu’Oumar, « malade », aurait été hospitalisé. Le jeudi, un appel l’informerait de son décès. Refusant de partir sans voir le corps, Kaousou Camara essuierait un refus, motivé par des « papiers en cours ». Pressé sur la cause, un agent évoquerait d’abord une mine illégale thèse contestée, Oumarba ayant été arrêté chez lui, puis une affaire de drogue. Pourquoi l’autre arrêté n’aurait-il pas péri ? Les autorités auraient clos l’affaire par des documents falsifiés, selon le témoin, qui alerterait l’ambassade de Guinée au Sénégal et la famille en Guinée.

Un appel à la lumière

Ces témoignages, si avérés, dessinaient un tableau d’abus policiers : extorsion, violences, possible homicide en détention. Ni les autorités sénégalaises ni guinéennes n’ont réagi à nos sollicitations au moment de boucler cet article. L’affaire pourrait-elle faire l’objet d’une enquête indépendante ?

Backtumbla pour Billetdujour.com