« Abbé Roger, faut expliquer le mot coadjuteur… c’est quoi coadjuteur… encore un gros français ! »

Depuis samedi dernier, mon téléphone sonne et mon écran Facebook affiche des notifications de commentaires mentionnant mon nom. Vous êtes nombreux à vouloir comprendre. Et si certains proposent des définitions créatives, à grand renfort, parfois, de normes canoniques, d’autres avouent franchement leur perplexité.

Rassurez-vous, ce n’est pas du gros français. « Coadjuteur » vient d’un mot latin « coadjutor », composé du préfixe « co » (avec) et de « adjutor » (aide). Il signifie littéralement « celui qui aide », un pasteur qui seconde. Mais attention, pas n’importe quel soutien. Ce prélat accompagne l’évêque en place, souvent âgé, à la veille de sa retraite ou malade, et le remplace automatiquement lorsque celui-ci quitte ses fonctions. C’est une succession garantie, inscrite dans le droit canonique.

Quand on comprend donc « co-adjutor », on saisit immédiatement l’idée. Il sert à désigner un compagnon d’aide, un assistant qui marche aux côtés. Voilà où l’étude du latin devient précieuse pour déchiffrer le vocabulaire de l’Église sans paniquer devant les « gros français ».

Par ailleurs, au Sénégal, cette situation n’a rien de nouveau. En 1993, Mgr Maixent Coly avait reçu cette même charge pour le diocèse de Ziguinchor. Sa mission consistait à épauler Mgr Augustin Sagna, puis à lui succéder naturellement. La transition s’était faite sans élection ni nomination ultérieure, exactement comme le prévoit le droit canonique.

C’est précisément ce qui vient de se produire samedi dernier. Mgr Joseph Francis Badji a reçu la même responsabilité pour le diocèse de Kolda. Il soutiendra l’évêque actuel dans ses fonctions pastorales, puis prendra la relève le moment venu. Cette nomination témoigne de la prévoyance de l’Église, qui pense à l’avenir de ses communautés diocésaines.

Maintenant que vous connaissez le sens exact de « coadjuteur », vous pouvez expliquer autour de vous avec assurance. Et qui sait, cela vous donnera peut-être envie de réviser un peu votre latin.

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