La structure du nouveau gouvernement, annoncée hier soir sur les ondes des médias d’État, tranche net avec les attentes.

 

On se souvient : pour forger une équipe de choc en pleine campagne électorale, le président Mamadi Doumbouya avait gonflé le gouvernement de transition d’Amadou Oury Bah à plus d’une trentaine de portefeuilles. Une machine de guerre électorale, où chacun avait mouillé le maillot à sa mesure.

 

Des espoirs déçus dans la Cinquième République

 

À l’échelle des observateurs de la scène sociopolitique guinéenne, beaucoup tablaient sur une récompense collective. Après tout, ces militants du terrain méritaient bien un strapontin dans le premier gouvernement de la Cinquième République. Las ! Le chef de l’État a opté pour la compression : exit les 30+ ministères, place à 29 portefeuilles resserrés. Mathématiquement, tous ne peuvent pas embarquer. Les battants de la campagne risquent de se retrouver laissés sur le quai, regrettant leurs efforts fournis. C’est la vie politique, dira-t-on.Cette rationalisation, louable en théorie pour une gouvernance plus efficace, cache un risque de frustrations explosives. Les exclus, ceux qui ont « tout donné », pourraient nourrir un ressentiment durable.

Le précédent Condé : une parade à copier ?

 

Doumbouya saura-t-il éviter le naufrage ? L’ancien président Alpha Condé avait sa recette : multiplier les postes de conseillers à la présidence pour caser les fidèles sans alourdir le gouvernement. Une vue de l’esprit pour l’heure, mais une option pragmatique pour apaiser les tensions. Sinon, gare aux remous internes qui pourraient miner la stabilité naissante de cette nouvelle République.Ci-dessous, la structure officielle du gouvernement. Reste à voir si elle tiendra la route face aux réalités du pouvoir.(Insérez ici la liste des portefeuilles ministériels)En Guinée, la politique reste un art du dosage. Doumbouya l’a compris : moins de postes, mais plus d’efficacité ? L’avenir le dira.

Ci-dessous, la structure du gouvernement :