La question a été soulevée par le Représentant de la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) auprès de l’Union africaine, Mabassa Fall. C’était à l’occasion d’une conférence de presse animée ce dimanche 28 septembre 2025, à la maison de la presse de Guinée, sous le thème: « Guinée: 16ème commémoration du massacre du 28 septembre 2009 »

C’est Ahmedou Tidjane Bal, ancien ministre-ancien, président de la Cour suprême du Sénégal et Conseiller juridique et judiciaire principal aux Nations Unies qui a ouvert la brèche à cet effet. Selon ce dernier il a été déployé en Guinée pour le dossier du massacre du 28 septembre, il y a de cela 13 ans: « Depuis le 2 décembre 2012. J’ai eu le temps de les voir (victimes) pleurer, tomber, se relever à chaque fois, mais ne jamais abandonner la lutte. Voilà pourquoi je voudrais attirer votre attention sur le fait que le combat que nous avons mené a été d’abord le combat des victimes. À ce titre, je voudrais d’abord rappeler un peu, à chaque fois que j’en ai l’occasion. Comment le dossier du 28 septembre a été jugé?.Qui a décidé de juger le dossier du 28 septembre ? Le dossier du 28 septembre fait l’objet d’un communiqué conjoint entre la République de Guinée et notre département des Nations Unies.
Le texte s’appelle « Communiqué conjoint pour le jugement du dossier du 28 septembre ». La responsable de notre département aux Nations Unies, état de droit, violences sexuelles ou conflits, est venue à Conakry. Elle a signé ce communiqué conjoint avec le ministre de la Justice de l’époque, Maître Christian Sow. Et dans ce communiqué conjoint, il était dit que la Guinée s’engage à juger ce dossier et que nous, Nations Unies et les autres partenaires, nous nous engageons à apporter notre soutien pour que ce dossier soit jugé.
Les taxes existent, je les ai toujours fait circuler d’ailleurs, en guise de rappel. Vous savez, la première fois que j’ai été déployé, en vertu de ce texte et en vertu des conclusions de la Commission d’enquête internationale, parce que c’est en vertu de cela que j’ai été déployé ici, quand je suis venu la première fois, j’ai visité les juridictions, j’ai vu les victimes, j’ai vu l’administration judiciaire, telle qu’elle évoluait à l’époque. Et quand j’ai vu tout ça, j’ai repris l’avion, je suis reparti à New York (États-Unis).
Je leur ai dit, vous m’avez confié une mission impossible. Vous m’avez envoyé dans un pays où un magistrat touche moins de 100 dollars, où un magistrat parfois n’a même pas un rame de papier pour rédiger son jugement. Vous m’avez envoyé dans un pays où les juridictions ressemblent à de dispensaires de quartier.
Et vous me demandez d’aider ce pays, à juger une impunité vieille de 50 ans. Vous n’êtes pas réaliste. Venez avec moi à Conakry, voir ce que j’ai vu. Je suis revenu avec mon équipe ici, et je vous rappelle que nous avons apporté des ordinateurs, des coffres-forts, nous avons même amené un matériel bureautique pour permettre simplement aux magistrats de pouvoir travailler, parce que les magistrats n’avaient aucun moyen de travail. Voilà d’où nous sommes partis. Donc la décision du 31 juillet 2024 (verdict du massacre du 28 septembre 2009, ndlr) vient après un accouchement très douloureux, qui date de près de 12 ans.
Ensuite, il fallait mettre le personnel judiciaire en état. C’est moi qui ai formé les magistrats instructeurs pour le dossier du 28. Mais c’est le partenaire et moi qui avons également plus tard formé les magistrats qui devraient juger cette affaire, mais également les avocats, qui devraient en tout cas assister leurs clients pour juger cette affaire.
Ensuite, il fallait appuyer les réformes de l’administration judiciaire pour qu’elle puisse être au niveau qu’il faut, pour que ce dossier soit jugé. Vous voyez donc, on vient de très loin. Et on se disait, il faut qu’il y ait une juridiction et les moyens qu’il faut pour répondre à la demande des victimes qui avaient tant souffert et qui n’avaient jamais eu de soulagement depuis qu’elles ont connu ce qu’elles ont connu », a déclaré Ahmedou Tidjane Bal, conseiller juridiction et judiciaire principal aux Nations Unies, ancien ministre, ancien président de la Cour suprême du Sénégal.
De son côté, le représentant de la FIDH auprès de l’Union africaine, Mabassa Fall de prendre la balle au rebond:  » L’Union Européenne a mis 5 millions d’euros à la Guinée dans le domaine de la justice. Où est passé cet argent ? 5 millions d’euros, sans compter ce que le système des Nations Unies a donné, ou peut-être l’Agence française de développement. 5 millions d’euros de l’Union Européenne à la Guinée dans le domaine de la justice. Vous savez.
J’attendais cette question. Où est passé cet argent ? Maître Bal a parlé du salaire des magistrats, du manque de consommables, de ce qui a été fait dans le domaine de la formation. Beaucoup de moyens ont été déployés pour le secteur de la justice », a fait remarquer, Mabassa Fall.
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