Conakry, 17 février 2026 – La décision de renvoyer plusieurs jeunes filles des lycées N’Dama et Mohamed VI pour avoir diffusé des vidéos controversées où elles avouent des relations avec des pères de famille et des professeurs continue de diviser l’opinion. Si la sanction vise à sanctionner des actes graves, elle met en lumière un double échec : la négligence parentale et l’absence criante de prévention numérique dans les institutions scolaires.
Les activistes de la société civile dénoncent une mesure disproportionnée qui risque d’aggraver la vulnérabilité des élèves.
Clarisse Smarboy, a interpellé directement le ministre de l’Éducation, Alpha Bacar Barry : « Ces jeunes filles ont été exclues pour toute l’année scolaire après avoir publié des vidéos révélant des sorties avec des pères de famille et des professeurs. L’acte est grave, mais cette décision est excessive et abusive. Elle encourage le décrochage scolaire et expose ces filles à des grossesses précoces ou à l’abandon définitif des études. »
La responsabilité des parents en question
Au cœur du scandale, les « pères de famille » cités dans les vidéos pointent du doigt une défaillance parentale majeure. Ces hommes, censés incarner l’autorité et la protection, se retrouvent impliqués dans des relations inappropriées avec des mineures. « Où étaient ces parents quand leurs filles filmaient et diffusaient ces contenus sur les réseaux sociaux ? », s’interroge-t-on dans les milieux éducatifs.
Cette affaire révèle un manque flagrant de supervision familiale face aux outils numériques : smartphones, TikTok ou Snapchat, accessibles sans filtre aux adolescents. Les parents, premiers remparts contre les dérives, ont failli à leur rôle d’éducation au numérique, laissant leurs filles et elles-mêmes, vulnérables aux pièges de l’exposition en ligne.
Le silence des institutions sur la prévention numérique
Les établissements scolaires et le ministère de l’Éducation sont également visés pour leur inaction. « Des professeurs qui sortent avec leurs élèves, nous en avons tous été témoins », dénonce Clarisse Smarboy.
Au lieu de démanteler ces réseaux toxiques, l’école opte pour l’exclusion, sans mécanismes de prévention. Jocelyne Tampoumbrèt, activiste pour la protection des mineurs, rappelle un cas sordide au primaire où un enseignant a abusé de fillettes de moins de 8 ans, sans réaction ministérielle. « On punit les victimes potentielles en les poussant à l’abandon scolaire, tandis que professeurs et pères de famille restent impunis. « Les outils numériques, amplificateurs de ces scandales, soulignent un vide institutionnel : pas de formations obligatoires sur les dangers des réseaux sociaux, pas de signalement anonyme sécurisé, ni d’éducation civique et morale intégrant le cyberharcèlement ou la protection des données personnelles. « L’État doit protéger et prévenir, pas écarter », insiste Smarboy, appelant à des politiques structurelles : ateliers numériques pour parents et élèves, modération des plateformes en milieu scolaire, et sanctions rapides contre les abuseurs adultes.
Cette affaire, loin d’être isolée, interroge la société guinéenne : comment concilier punition et protection quand parents et écoles ferment les yeux sur le numérique ? L’école doit redevenir un bouclier, pas un tribunal expéditif.
A-Tchol pour Billetdujour.com





































