Depuis plusieurs années, les salles de presse et loges réservées aux journalistes professionnels lors des grandes cérémonies officielles étaient envahies par des blogueurs, communicants et autres acteurs non reconnus par les textes régissant la profession. 

Une dérive régulièrement dénoncée par les journalistes, obligés d’exercer dans des conditions indignes, au mépris des règles de rigueur et d’éthique.La cérémonie d’investiture du président de la République, Mamadi Doumbouya, samedi 17 janvier 2026 au stade Général Lansana Conté de Nongo, a failli une fois de plus illustrer cette confusion chronique. Comme lors d’événements précédents, la presse s’est retrouvée submergée par des individus se présentant comme journalistes, recrutés par certains pour relayer leur propagande. Munis de téléphones et de caméras, sans aucune formation ni notion en journalisme, ils se croyaient habilités à occuper les espaces réservés aux professionnels.Cette fois, l’anarchie a été stoppée net par une autorité ferme. Boubacar Yacine Diallo, journaliste chevronné et président de la Haute Autorité de la Communication (HAC), figure respectée des médias en Guinée et en Afrique, a mis un terme à cette dérive.

Fidèle à sa rigueur et à sa conception exigeante du métier, il a rappelé avec fermeté que le journalisme n’est ni un hasard ni un déguisement opportuniste.Une évacuation immédiate des intrusAlors que ces individus occupaient la loge des journalistes avec arrogance, M. Diallo a réaffirmé la valeur et la dignité de la profession.

À son initiative, une décision claire a été prise : évacuer immédiatement tous les acteurs non habilités des espaces réservés à la presse professionnelle. Appliquée avec rigueur, cette mesure a permis aux journalistes accrédités de retrouver leur cadre de travail et d’informer les citoyens sans entrave.L’effet a été immédiat et positif. « C’est la première fois depuis longtemps que nous sentons une autorité qui nous protège réellement », confiait un reporter soulagé. Dans les rangs de la presse, l’adhésion a été unanime.

Un signal fort pour la crédibilité de l’informationAu-delà de l’ordre rétabli, cet acte réaffirme un principe fondamental : le journalisme est régi par des règles, une éthique et une responsabilité sociale. Il ne se décrète pas sur les réseaux sociaux, ni ne se confond avec la communication institutionnelle ou l’activisme numérique. Par cette décision, le président de la HAC envoie un message clair : la liberté de la presse ne prospère pas dans l’anarchie, mais dans un cadre légal respecté, avec des droits et des exigences.

En redonnant aux journalistes leur espace, leur légitimité et leur voix, Boubacar Yacine Diallo restaure la crédibilité de l’information et renforce les fondements de la démocratie guinéenne. Un geste salué par la profession, marquant un retour à une presse structurée, respectée et responsable.Cet événement pourrait bien entrer dans l’histoire récente de la régulation des médias en Guinée comme un signal durable.

Par Abdoulaye Bouka Barry