Invité de l’émission Grand Angle sur la RTG, Dr. Alhassane Makanéra Kaké enseignant-chercheur guinéen, spécialiste des finances publiques et de la science politique, a livré une analyse saisissante de la crise de liquidité qui secoue la Guinée.
Dans un ton direct et sans détour, il a dénoncé la mauvaise gestion des institutions financières et mis en lumière le rôle central du marché de Madina, présenté comme le véritable thermomètre de l’économie nationale. Pour lui, l’économie réelle ne se lit pas dans les rapports officiels ni dans les bureaux de la Banque centrale ou des banques primaires, mais dans les échanges quotidiens de Madina. « Pour comprendre le mécanisme financier en Guinée, ne partez pas à la Banque centrale ni dans les banques primaires. Partez plutôt à Madina. Ce qu’on vous dit là-bas, c’est cela l’économie réelle », a-t-il déclaré avec force.
Makanéra Kaké a ensuite utilisé une image frappante pour illustrer la fuite des liquidités hors du système bancaire. « L’argent n’est pas fou : du fait qu’il est mal traité à la Banque centrale et dans les banques primaires, il est parti là où il est bien traité », a-t-il lancé, provoquant un écho fort auprès des téléspectateurs. Ses propos traduisent la perte de confiance des citoyens envers les institutions financières, accusées de limiter les retraits et de mal gérer les réserves. Les liquidités se déplacent vers des circuits informels, jugés plus fiables et plus accessibles, renforçant ainsi le poids de l’économie parallèle.
Dans son analyse, il a pointé du doigt les déficits budgétaires accumulés, l’absence de discipline financière et la fragilité des banques incapables de répondre aux demandes de retrait. Il a souligné que cette situation nourrit une méfiance généralisée et pousse les citoyens à se détourner des circuits officiels. Pour lui, seule une réforme structurelle et une gestion rigoureuse des finances publiques permettront de restaurer la confiance et de ramener l’argent dans les banques.
L’intervention de Makanéra Kaké dans Grand Angle a marqué les esprits par sa clarté et son franc-parler. En plaçant Madina au cœur de l’analyse, il rappelle que l’économie guinéenne ne se résume pas aux institutions financières, mais se vit au quotidien dans les marchés, là où l’argent circule réellement et où se joue la survie des citoyens.
Mobaillo Diallo







































