Dans la course au secrétariat général des Nations Unies, l’ancien président sénégalais Macky Sall se démarque moins par une notoriété médiatique internationale flamboyante que par un atout stratégique de poids : un soutien politique continental et régional solide, porté par l’Union africaine et plusieurs États africains. À l’heure où trois figures se disputent la succession d’Antonio Guterres Macky Sall, Michelle Bachelet et Rafael Grossi, ce réseau africain structuré peut faire basculer la balance dans les coulisses du Conseil de sécurité et de l’Assemblée générale.

Un soutien africain officiellement porté

Contrairement à de nombreuses candidatures individuelles, celle de Macky Sall a été officiellement déposée au nom des chefs d’État africains, par le président du Burundi en sa qualité de président en exercice de l’Union africaine. Cette démarche institutionnalise sa candidature, en la présentant non comme un projet national, mais comme un pari collectif du continent pour avoir une voix au plus haut niveau de l’ONU. Dans un système où les blocs régionaux comptent autant que les États individuels, ce type d’appui cohérent peut s’avérer décisif dans les débats préliminaires et les arbitrages entre puissances.

Une expérience politique qui parle aux États

Macky Sall peut également compter sur une longue expérience au pouvoir, ayant dirigé le Sénégal de 2012 à 2024, et sur un rôle de médiateur dans plusieurs crises ouest‑africaines au sein de la CEDEAO. Ces atouts lui permettent de se présenter comme un « leader expérimenté capable de gérer des conflits complexes », une qualité fortement recherchée à la tête d’une organisation multilatérale confrontée à des tensions géopolitiques croissantes. Face à des candidats issus de la fonction publique internationale, comme Rafael Grossi, mieux connu pour son expertise nucléaire que pour sa diplomatie d’État, Macky Sall joue la carte du décideur politique à l’aise dans les arènes de négociation entre chefs d’État.

Un pont entre l’Afrique, le Sud global et les grandes puissances

Face à Michelle Bachelet, ancienne présidente du Chili, crédible sur les droits humains, la parité et la gouvernance et Rafael Grossi, technocrate chevronné de l’Agence internationale de l’énergie atomique, Macky Sall se positionne comme un pont entre l’Afrique, le Global Sud et les puissances occidentales. Il entend insuffler dans l’ONU une vision plus ancrée dans les réalités des pays en développement, tout en ménageant des canaux de dialogue constants avec les États‑Unis, l’Europe et certains pays du Golfe. Dans un contexte où l’ONU peine à renouer pleinement avec les pays du Sud, ce profil hybride peut séduire les États qui souhaitent à la fois une représentation plus juste et une maison du Dag Hammarskjöld pragmatique.

Pour parvenir au secrétariat général, Macky Sall devra toutefois transformer son capital politique africain en soutien diplomatique concret, surmonter la méfiance des grandes puissances et démontrer une vision claire des réformes nécessaires à l’organisation. Mais une chose est sûre : dans une course serrée, son atout majeur reste cet appui continental solidement structuré, qui lui donne, à ce stade, une carte unique à jouer dans les coulisses du pouvoir onusien.

A-Tchol pour Billetdujour.com