Plus de quinze ans après les événements tragiques qui ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés en Guinée, le Tribunal criminel de Dixinn, délocalisé à la Cour d’appel de Conakry, a rouvert ce jeudi l’audience du second volet de l’affaire du massacre du 28 septembre 2009. Quatre accusés se présentent devant les juges, tandis que trois autres restent en fuite. Quatre accusés présents, trois grands absents. Le box des accusés a accueilli quatre figures centrales de ce dossier sensible : le colonel Bienvenu Lamah, Georges Houlémou, Thomas Touaro et Jean-Louis Kpoghomou. Initialement visé par une procédure distincte, le colonel Lamah marque un tournant dans cette phase d’auditions très attendue. Le tribunal a cependant déploré l’absence de trois prévenus inscrits au rôle : le colonel Gono Sangaré, Jacques Maomy et Blaise Kpoghomou. Tous en fuite, ils font l’objet de mandats d’arrêt toujours en vigueur. Des chefs d’accusation lourds. Les inculpations retenues par le parquet sont accablantes. Les accusés devront répondre de meurtres, assassinats et viols, d’enlèvements et actes de torture, d’abus d’autorité, ainsi que d’entrave aux secours et non-assistance à personne en danger. Ces faits remontent aux exactions commises lors de la répression du stade du 28 septembre. Bataille procédurale sur la jonction des dossiers. Dès l’ouverture de l’audience, le président Aboubacar Thiam a évoqué la possibilité de joindre les procédures en cours, en raison de leur « étroite connexité ». Le ministère public et les parties civiles ont approuvé cette mesure pour assurer une « cohérence judiciaire ». La défense, emmenée par Me Zézé Kalivogui, s’y est opposée fermement, la qualifiant de « prématurée » et demandant un sursis. Après délibération, le tribunal a rejeté la jonction pour l’instant. Le colonel Lamah ouvre les hostilités. Dans une atmosphère solennelle, le colonel Bienvenu Lamah a été le premier appelé à la barre pour sa déposition. Ce témoignage, très attendu par les familles des victimes, lance une série d’auditions destinées à éclaircir les zones d’ombre de ce drame historique.Les débats se poursuivent à la Cour d’appel sous une surveillance sécuritaire renforcée, dans un climat tendu mais ordonné.

A-Tchol pour Billetdujour.com