Dans la nuit de dimanche à lundi, un incendie d’une violence inouïe a ravagé un atelier de menuiserie et de tapisserie au quartier Kalema, dans la commune urbaine de Kagbelen. Les flammes ont piégé quatre jeunes apprentis dans leur sommeil. Trois d’entre eux, Moussa Camara, 13 ans, son frère Oumar, 10 ans, et leur ami Issa, 14 ans, ont succombé. Le quatrième, Souleymane Camara, grièvement brûlé, a été transporté d’urgence à l’hôpital.
Selon le maître menuisier Alseny Samoura, propriétaire de l’atelier, le feu s’est déclaré vers trois heures du matin, réduisant en cendres deux machines estimées à 60 millions GNF, 35 portes, 35 planches et plusieurs fauteuils.
Ce drame, qui plonge la communauté de Kagbelen dans le deuil, s’inscrit dans une série noire d’incendies qui frappent Conakry ces derniers mois. En décembre dernier, un feu a ravagé un conteneur de vente de pièces détachées au quartier Wanindara Rails, dans la commune de Lambanyi, causant des pertes évaluées entre 20 et 25 millions GNF . Quelques semaines plus tôt, un incendie s’était déclaré au ministère de la Sécurité et de la Protection civile, provoquant d’importants dégâts matériels malgré l’intervention rapide des sapeurs-pompiers . Ces événements rappellent la vulnérabilité des infrastructures et la fréquence alarmante des sinistres dans la capitale.
À Kagbelen, l’émotion est immense. Les habitants, bouleversés par la perte de ces jeunes vies, appellent à une vigilance accrue et à des mesures de sécurité renforcées dans les ateliers artisanaux, souvent dépourvus de dispositifs de prévention. Les incendies, qu’ils soient liés à des installations électriques défectueuses, à des imprudences ou à des causes encore indéterminées, continuent de mettre en péril des vies et des biens.
Ce nouveau drame souligne l’urgence d’une politique de prévention plus rigoureuse et d’une meilleure sensibilisation des populations. Car au-delà des chiffres et des pertes matérielles, ce sont des familles brisées et une jeunesse sacrifiée qui rappellent, dans la douleur, que chaque flamme incontrôlée peut devenir une tragédie nationale.
Amirou Diallo








































