A quelques jours du référendum constitutionnel prévu le 21 septembre, la Haute Autorité de la Communication (HAC) de Guinée a réuni ce mercredi 27 août les responsables des médias et les représentants d’associations de presse pour définir les modalités de couverture de la campagne. Objectif affiché : garantir une diffusion « équitable, pacifique et légale » des débats, tout en posant des limites strictes.
Une couverture ouverte mais encadrée
Le président de la HAC, Boubacar Yacine Diallo, a annoncé que la presse privée pourra couvrir les événements liés au référendum, mais sous certaines conditions. L’accès devra être équitable entre les différentes tendances d’opinion, et les médias devront s’abstenir de toute prise de position partisane. « Les mouvements doivent être traités. Si en tout cas, ils en manifestent le désir de couverture, que ces courants-là soient couverts », a-t-il insisté.
Les médias du service public, tels que la RTG, le journal Horoya et l’AGP, disposeront d’espaces dédiés pour diffuser les contenus de campagne, sous supervision de la HAC.
Interdits formels : partis proscrits et émissions interactives
Parmi les lignes rouges tracées par l’institution, deux mesures font débat :
– Interdiction de donner la parole aux partis politiques ou structures frappés d’interdiction légale
– Suppression des émissions interactives autour du scrutin
Ces restrictions sont perçues par certains observateurs comme une tentative de verrouiller le débat démocratique dans un climat politique déjà tendu.
Médias en ligne : distinction entre sites d’information et Web TV
La HAC introduit une nouvelle distinction entre les types de médias numériques :
– Les sites d’information sont autorisés à couvrir les événements publics
– Les Web TV, assimilées à des chaînes non autorisées, sont exclues
Tout manquement à ces règles pourrait entraîner des poursuites sur la base de la loi sur la cybersécurité.
Appel à la responsabilité des médias
Boubacar Yacine Diallo a exhorté les professionnels à se concentrer sur les idées plutôt que sur les individus, et à présenter le contenu de la constitution sans personnalisation du débat. « Le référendum ne fait référence qu’aux tendances d’opinion. Il ne s’agira pas de parler de personnes, de parler d’institutions », a-t-il précisé.
Makémè Bamba, directrice générale de la RTG, a assuré que son institution respectera scrupuleusement les directives de la HAC, tout en soulignant les contraintes logistiques. « Si la HAC a décidé que vous aurez un temps d’antenne, vos temps d’antenne, vous les aurez sans problème », a-t-elle affirmé.
Deux décisions formelles de la HAC sont attendues dans les prochains jours pour encadrer la couverture médiatique. Si l’institution parle de régulation nécessaire pour éviter les débordements, certains acteurs du secteur dénoncent une restriction excessive de la liberté d’expression.
Dans tous les cas, les médias guinéens sont désormais placés face à leur responsabilité démocratique : informer sans diviser, équilibrer sans censurer, et surtout, respecter les règles du jeu dans un contexte électoral sensible.
Mouctar Kalan Diallo




































