Les responsables de la Direction Générale de l’Agence guinéenne d’évaluations environnementales (AGEE) ont animé une conférence de presse, ce vendredi à la Maison commune des acteurs des médias, située à la Minière, commune de Dixinn. 
« Communication sur les missions de l’Agence guinéenne d’évaluations environnementales (AGEE) et les aspects environnementaux de la nouvelle constitution », a été le thème principal.
D’entrée de jeu, le Directeur Général de l’AGEE, Seydou Cissé de préciser que cette rencontre offre une opportunité unique de recentrer le débat public sur les enjeux environnementaux qui sont tout aussi fondamentaux pour le développement durable de la Guinée.
Il a, à cet effet, revenu brièvement sur les missions principales: « Le premier, c’est évaluer les impacts environnementaux et sociaux des projets de développement avant leur mise en oeuvre et à travers l’analyse des études d’impact environnemental et social. La deuxième mission, assurer le suivi et le contrôle environnemental et social des projets approuvés afin de garantir le respect des engagements pris par les promoteurs. Troisièmement, renforcer les capacités nationales et locales en matière de gestion environnementale et sociale. Quatrièmement, sensibiliser et mobiliser les parties prenantes, y compris les communautés locales autour des enjeux liés à la protection de l’environnement. Et enfin, contribuer à l’élaboration et à la mise en oeuvre des politiques publiques environnementales en lien avec les autres institutions nationales et les partenaires internationaux. L’AGEE, en tant qu’autorité nationale indépendante, joue donc un rôle stratégique dans la régulation des projets de développement.
Notre mission est claire. Veiller à ce que chaque projet, qu’il soit minier, industriel, urbain ou agricole, respecte les normes environnementales et contribue à la préservation de notre patrimoine naturel », a rappelé, Seydou Cissé.
Poursuivant, il a déclaré souhaiter partager avec les acteurs de médias et par ricochet le grand public, le bilan, les défis, mais surtout a-t-il insisté les perspectives. « Car nous croyons fermement que la gouvernance environnementale ne peut être efficace que si elle est transparente, participative et inclusive. Ce point de presse est donc une tribune pour informer les citoyens et les partenaires sur nos actions, écouter les préoccupations et suggestions, et surtout mobiliser toutes les forces vives autour d’une cause commune, la protection de l’environnement pour les générations présentes et futures. Déjà, je voudrais vous remercier pour votre présence et pour votre engagement à nous accompagner dans cette mission. »
Parlant des activités déjà réalisées, il a, entre autres souligné ceci: « Au cours des derniers mois, l’AGEE a intensifié ses efforts pour garantir que les projets de développement en Guinée soient conformes aux normes environnementales et aux principes de durabilité.
Nous avons procédé à l’évaluation environnementale stratégique et technique de plusieurs projets majeurs, notamment dans le secteur minier, portuaire, énergétique et urbain. Parmi les projets examinés figurent plusieurs unités industrielles et carrières, dont les dossiers ont été soumis à des études d’impact environnemental et social rigoureuses. En parallèle, nous avons renforcé notre présence régionale à travers le déploiement de nouveaux agents régionaux dans les antennes de Conakry, Kindia, Labé, Mamou, Faranah, Kankan et N’Zérékoré. Participer activement à des ateliers interinstitutionnels pour harmoniser les procédures d’évaluation environnementale avec les normes internationales. Ces actions traduisent notre volonté de faire de l’AGEE une institution pro-active, crédible et au service de l’intérêt général. Mais le bilan aussi, encourageant soit-il, nous rappelle que la route est encore longue.
Il nous faut consolider nos acquis, corriger nos faiblesses et surtout impliquer davantage les communautés et les acteurs locaux dans le processus d’évaluation environnementale », a-t-il précisé.
Concernant les défis a surmonté, le DG Cissé de faire savoir: « La Guinée, comme beaucoup d’autres pays africains, est confrontée à la pression croissante sur les ressources naturelles, à une urbanisation rapide et aux effets de plus en plus visibles du changement climatique.
Parmi les défis les plus préoccupants, je citerai la déforestation accélérée, notamment due à la coupe abusive de bois pour le charbon, l’agriculture surbrûlis et l’exploitation illégale. Cette situation menace la biodiversité, accentue l’érosion des sols et fragilise les moyens de subsistance des communautés rurales. La gestion insuffisante des déchets solides et liquides, en particulier dans les zones urbaines, l’absence de systèmes efficaces de collecte, de tri et de traitement des déchets constitue un risque sanitaire et environnemental majeur. »
Sur la même lancée, la promoteur de la sauvegarde de la biodiversité d’indiquer: « Les impacts du changement climatique qui se traduisent par des inondations récurrentes, des périodes de sécheresse prolongée et une insécurité alimentaire croissante dans certaines régions. Le manque de coordination inter-institutionnelle et la faible implication des collectivités locales dans la mise en œuvre des politiques environnementales. Face à ces défis, l’AGEE ne peut agir seul.
Il est impératif de renforcer la synergie entre les institutions publiques, les collectivités, la société civile, le secteur privé et les partenaires techniques et financiers. Nous devons également intensifier l’éducation environnementale, surtout auprès des jeunes, et promouvoir des pratiques durables dans tous les secteurs d’activité », a souligné Seydou Cissé.
Puis de relever les perspectives et les engagements de l’Agence guinéenne d’évaluations environnementales:
Notre vision est claire. Faire de l’AGEE une institution de référence en matière de gouvernance environnementale capable d’anticiper les risques, d’accompagner les projets de manière pro-active et de mobiliser tous les acteurs autour d’une démarche durable et inclusive. Dans cette dynamique, nous nous engageons sur plusieurs axes prioritaires, dont le premier est le renforcement des capacités réglementaires et techniques.
Nous poursuivons l’actualisation des guides méthodologiques d’évaluation environnementale en intégrant les meilleures pratiques internationales et les spécificités locales. L’objectif est de garantir des évaluations plus rigoureuses, plus participatives et plus adaptées aux réalités du terrain. Deuxièmement, la digitalisation des processus.
L’AGEE travaille à la mise en place d’une plateforme numérique pour la soumission, le suivi, la validation des rapports d’études d’impact environnemental et social. Cette innovation vise à améliorer la transparence, réduire les délais de traitement des dossiers et faciliter l’accès à l’information environnementale. Troisièmement, le renforcement des capacités régionales. Nous allons intensifier la formation continue de nos agents, notamment dans les antennes régionales, afin de garantir une présence opérationnelle efficace sur l’ensemble du territoire national. Quatrièmement, établir des partenariats stratégiques. L’Agence entend renforcer sa collaboration avec les collectivités locales, les ONG, les universités et les partenaires techniques et financiers. Ces partenariats sont essentiels pour mutualiser les ressources, partager les expertises et élargir notre champ d’action. Cinquièmement, l’éducation et la mobilisation citoyenne. Nous allons lancer une série de campagnes de sensibilisation ciblées, notamment dans les écoles, les marchés et les zones rurales, pour promouvoir le comportement éco-responsable et encourager la participation communautaire à la gestion environnementale.
Sixièmement, le suivi post-évaluation et contrôle environnemental. L’AGEE mettra un accent particulier sur le suivi des engagements environnementaux et sociaux pris par les particuliers et par les promoteurs de projets. Il ne suffit pas d’évaluer, il faut aussi vérifier, contrôler et, si nécessaire, sanctionner en cas de non-conformité », a promis le premier responsable de l’AGEE.
Il met un terme à son intervention invitant les acteurs à tous les niveaux à la préservation de l’environnement: « Nous comptons sur le soutien de tous et de chacun de ces partenaires. Et la collaboration pour faire de la Guinée un modèle de développement durable en Afrique de l’Ouest. C’est un objectif que nous fixons…. L’environnement est un bien commun. Sa préservation ne relève pas uniquement des institutions spécialisées comme l’AGEE, mais de l’ensemble, de chacun, de chaque citoyen, de chaque entreprise, de chaque collectivité…. Chaque geste compte. Planter un arbre, respecter les zones protégées, signaler les attentes à l’environnement, ce sont des actes simples, mais puissants, qui contribuent à bâtir une Guinée plus verte et plus saine.
A vous, acteurs institutionnels, ONG, collectivités locales et partenaires techniques, nous réaffirmons notre volonté de travailler en synergie. La gouvernance environnementale ne peut réussir que si elle est inclusive, collaborative et transparente », a invité le Directeur Général de l’AGEE, Seydou Cissé.
Richard TAMONÉ pour Billetdujour.com