Depuis le bureau de vote n°3 du quartier de Dixinn, à deux pas du grand marché, l’ambiance est studieuse ce dimanche matin. À 14h30 locales, les files d’attente s’allongent doucement sous un soleil de plomb, mais l’ordre règne.
« Tout est en ordre, pas de retard », me confirme le président du bureau, M. Diallo, un retraité respecté du quartier. L’affluence monte en flèche vers midi : des femmes en boubous colorés, des jeunes en tee-shirts militants, des griots improvisés qui encouragent les indécis. On scanne les cartes d’identité, on vérifie les empreintes digitales sur les machines biométriques – fluide, malgré deux pannes mineures vite résolues. Un électeur sur cinq semble novice, guidé patiemment par les agents. Taux de participation estimé à 45% à ce stade, prometteur pour une zone urbaine souvent sceptique.
« C’est notre tour de choisir un vrai leader, pas un militaire », lâche Fatoumata, 42 ans, commerçante au marché de Madina. Son voisin, un moto-taxi, tempère : « L’électricité, l’eau, l’emploi… On veut des résultats concrets. » Les affiches des principaux candidats du tenant du pouvoir aux opposants historiques ornent les murs, mais personne ne s’époumone en slogans.
Vers une fin de journée sans heurts ?
Le scrutin se poursuit jusqu’à 18h, avec comptage public promis sous nos yeux. Si Dixinn donne le ton, cette présidentielle pourrait se jouer sur la mobilisation de la jeunesse et des banlieues.
A-Tchol pour Billetdujour.com