Il y a des défaites qui font mal, et d’autres qui révèlent tout un système à bout de souffle. Hier soir, le Syli Local a sombré 3-0 face à une équipe ougandaise transcendée, dans un Mandela National Stadium de Kampala en fusion. Mais si l’humiliation est sportive, elle est d’abord institutionnelle. Derrière ce revers cuisant, se cache une vérité glaçante : cette équipe a été abandonnée par son pays.
Huit mois sans primes !
Comment affronter une compétition continentale lorsque vos primes ne sont pas versées depuis plus de huit mois, depuis les qualifications jusqu’aux stages préparatoires au Maroc et au Cameroun ? Comment défendre un drapeau national si vous devez bricoler avec vos propres moyens ?
C’est pourtant la réalité des 23 jeunes guinéens présents en Ouganda. Une équipe très jeune, où seuls quatre éléments ont déjà connu le CHAN. Donc ils ont répondu par pur patriotisme, avec la foi et la fierté comme seules ressources.
« On n’a rien reçu depuis des mois. On se débrouille seulement. Mais on a mis ça de côté, par amour pour le pays », confie une source, la voix nouée.
Espionnage, maladie et silence radio avant le match ?
La veille du match, le malaise s’est intensifié. Selon nos informations, le sélectionneur ougandais aurait discrètement assisté à la séance tactique du Syli, à bord d’un véhicule banalisé.
Pis encore, plusieurs joueurs et le sélectionneur Souleymane Camara auraient été frappés par une intoxication alimentaire, provoquant des diarrhées sévères dans la nuit précédant le match. Nos tentatives de joindre le coach ce matin pour commenter cet épisode sont restées sans succès.
Kampala, théâtre d’un naufrage prévisible ?
Devant plus de 34 000 spectateurs en fusion, l’Ouganda a étouffé une équipe guinéenne déjà à bout mentalement. Le score est sans appel : 3-0. Une humiliation. Mais la véritable violence est venue après.
Aucun officiel guinéen ne se serait présenté dans le vestiaire pour réconforter les joueurs ou le staff. Aucun mot. Aucun geste. Rien.
Ce sont les journalistes guinéens qui ont plutôt remonté le moral des joueurs et le staff technique, a-t-on appris. » Gardez la tête haute les gars » ont -il lancé en zone mixte.
Les joueurs disent stop
Ce samedi, les joueurs ont décidé de boycotter la séance d’entraînement. Leur condition : le versement immédiat des primes promises même si, au sein du staff on évoque plutôt un simple repos (on comprend). Une décision (le boycott des joueurs) inédite mais compréhensible, alors que la confiance envers les autorités est totalement rompue. Le sélectionneur Camara aurait comme toujours, tenté d’apaiser la situation, mais l’usure est palpable.
Pendant ce temps, l’Ouganda montre la voie
Contrastant avec la débâcle guinéenne, l’Ouganda a affiché une organisation quasi professionnelle. Après leur lourde défaite 0-3 face à l’Algérie, le pays a mobilisé les moyens pour leurs joueurs.
Le public Ougandais à la hauteur
Un public qui, loin de rejeter ses joueurs, les a acclamés et portés jusqu’à la victoire. Une leçon de gestion, de mobilisation et de respect.
Une qualification encore possible, mais à quel prix ?
Sportivement, tout n’est pas perdu. Le Syli Local peut encore se qualifier. Mais avec quel état d’esprit ? Dans quelles conditions ? Et surtout, avec quelle légitimité des autorités pour exiger encore l’engagement de ces jeunes, après tant d’abandons ?
L’espoir anéanti
Le Syli Local n’a pas seulement perdu un match. Il a surtout été trahi par un système incapable d’anticiper, de protéger et de soutenir ceux qui le représentent. La honte n’est pas dans le score. Elle est dans le silence, l’inaction, et l’indifférence.
Les autorités sportives dos au mur
Du côté des autorités sportives, notamment le Ministère des Sports, la légitimité des revendications des joueurs ne fait plus débat. Selon des sources bien introduites, le ministère serait pleinement conscient de la situation et des manquements survenus ces derniers mois. Toujours d’après nos informations, des discussions seraient actuellement en cours en vue de trouver une solution rapide et durable à cette problématique, afin de restaurer un climat de confiance au sein de la sélection.
Le temps presse. Pas seulement pour espérer une qualification. Mais pour sauver la dignité d’une sélection qui, malgré tout, continue de porter nos couleurs.
La victoire a des parrains, mais la défaite est orpheline.
Ousmane Wann, le vigilant





































