Les événements survenus ce mercredi au marché de 36 Km et à Sanoya traduisent une fracture grandissante entre les décisions de l’autorité publique et leur applicabilité sur le terrain. Le refus des femmes vendeuses de quitter leurs emplacements, malgré l’intervention musclée des forces de l’ordre, révèle un risque majeur : celui de renforcer la désobéissance et d’encourager le retour des commerçantes dans les espaces déjà libérés.
Au niveau de Km 36, après usage de gaz lacrymogènes pour disperser les vendeuses et les contraindre à rejoindre le marché de Limanayah, celles-ci sont revenues occuper leurs places. Ce geste n’est pas seulement une contestation ponctuelle : il traduit une résistance organisée, qui menace de s’étendre à d’autres zones. L’impression que certaines sont ciblées tandis que d’autres, dans des lieux voisins comme Yakha ou Diawaraya, ne sont pas inquiétées, nourrit un sentiment d’injustice et alimente la défiance.
Le danger du « deux poids, deux mesures »
« Pourquoi nous et pas les autres ? », s’indigne une vendeuse en colère. Ce cri illustre le cœur du problème : une décision publique qui n’est pas appliquée de manière uniforme perd sa légitimité. Le risque est double : d’une part, les commerçantes concernées se sentent discriminées ; d’autre part, celles qui ne sont pas encore touchées se préparent à résister, convaincues que l’autorité peut être défiée.
L’État face à ses responsabilités
Ces tensions rappellent une vérité incontournable : aucune force n’est au-dessus du pouvoir public, mais celui-ci doit s’exercer avec méthode et cohérence.
Décréter un déguerpissement sans prévoir les conditions de relocalisation, c’est ouvrir la voie à la contestation. Dans ce cas précis, il aurait fallu identifier et aménager des espaces de substitution avant de lancer l’opération. L’absence de ces préalables fragilise l’autorité et donne l’image d’un État qui impose sans organiser.
Les affrontements de ce jour, sont un avertissement. Ils montrent que la résistance à la loi peut s’installer durablement si les décisions ne sont pas préparées et appliquées avec équité.
L’autorité publique doit réaffirmer son rôle, mais aussi repenser ses méthodes : la force seule ne suffit pas, il faut des solutions concrètes et inclusives pour éviter que la désobéissance ne devienne la norme.
Mobaillo Diallo







































