Les acteurs de la société civile guinéenne se mobilisent autour de deux préoccupations essentielles : le respect des droits civils et politiques lors des élections législatives du 24 mai, et la préservation de la souveraineté alimentaire dans un contexte géopolitique tendu.

Ces thèmes ont été débattus ce mardi par les membres du Forum civil guinéen, à la Maison de la presse de Guinée. Sur les élections, Ibrahima Balaya Diallo, figure de la société civile, met en garde contre le risque d’une Assemblée nationale monocolore. « Nous ne le souhaitons pas. Nous aspirons à une assemblée plurielle, capable de voter des lois et de contrôler l’action gouvernementale. Sinon, elle deviendra une simple chambre d’applaudissements et d’enregistrement », a-t-il déclaré.

À propos de la souveraineté alimentaire, il insiste sur l’urgence d’anticiper les défis : « Tous les produits que nous consommons quotidiennement sont importés. Il faut agir pour ne pas aggraver la vie des Guinéens dans ce contexte géopolitique chargé. »

Diallo a également évoqué la dissolution de partis politiques, comme le BAG (Bloc pour l’alternance en Guinée) : « Ces formations avaient reçu un blanc-seing pour continuer. Il faut les réhabiliter, soit expliquer clairement les motifs de ces suspensions. »

De son côté, Rougui Bangoura déplore la faible représentation des femmes dans les instances décisionnelles : « Les femmes sont sous-représentées en politique et souvent réticentes à s’engager. » Elle pointe aussi leur exposition aux violences sociales et appelle au courage : « Il faut oser s’exprimer, donner son opinion sans peur. Dénonçons les dérives, les crimes, les enlèvements et les disparitions. On ne peut pas se taire face à ces questions », a-t-elle lancé.

A-Tchol pour Billetdujour.com