Le Ghana a pris une position ferme contre les formes contemporaines de l’esclavage lors d’un vote décisif au sein de l’Assemblée générale des Nations Unies. Initié par Accra en collaboration avec d’autres nations africaines, ce texte appelle à une criminalisation internationale de la traite des êtres humains, ravivant le souvenir douloureux de l’esclavage transatlantique qui a marqué l’histoire du continent.
Le projet de résolution, porté par le ministre ghanéen des Affaires étrangères, Shirley Ayorkor Botchwey, a recueilli un large soutien lors de la 80e session de l’Assemblée générale. Adopté par 170 voix pour, 5 contre et 12 abstentions, il exhorte les États membres à renforcer leurs législations nationales pour punir les réseaux de traite, y compris le travail forcé, l’exploitation sexuelle et le trafic d’organes. « Le Ghana, berceau de la résistance à l’esclavage avec des sites comme Cape Coast Castle, ne peut rester silencieux face à ces chaînes invisibles du XXIe siècle », a déclaré Mme Botchwey dans son allocution.
Ce vote s’inscrit dans une offensive diplomatique ghanéenne pour repositionner l’Afrique comme leader moral sur les droits humains. Il fait écho à l’héritage de Kwame Nkrumah, premier président du Ghana indépendant, qui avait déjà plaidé pour l’abolition universelle de l’esclavage en 1957. Aujourd’hui, le pays met en lumière les statistiques alarmantes : selon l’ONU, 50 millions de personnes vivent en situation d’esclavage moderne dans le monde, dont 7 millions en Afrique subsaharienne, touchant particulièrement les enfants et les migrants vulnérables.
Les opposants, principalement des États conservateurs comme la Russie et l’Iran, ont critiqué le texte pour son caractère « intrusif » dans les affaires souveraines. Du côté ouest-africain, des pays comme le Nigeria et le Sénégal ont salué l’initiative, appelant à une coopération régionale accrue via la CEDEAO pour démanteler les routes de la traite qui transitent par le Sahel et les côtes atlantiques.
Ce succès diplomatique renforce la stature du Ghana sur la scène internationale, alors que le président Nana Akufo-Addo prépare son bilan avant les élections de fin 2026. Prochaine étape : la mise en œuvre via un fonds ONU dédié, financé en partie par les réparations historiques réclamées par les États africains.
Smarboy pour Billetdujour.com





































