Ce mercredi 15 mai 2024, le lancement du rapport intitulé “Une jeunesse meurtrie : Urgence de soins et de justice pour les victimes illégales de la force en Guinée” a eu lieu à la maison de la presse à Conakry. C’est l’ONG Amnesty International qui en est l’auteure. Le rapport est revenu sur les manquements aux principes des droits de l’homme. “Depuis le coup d’État du 5 septembre 2021, le régime de transition mis en place par les militaires du Comité national pour le rassemblement et le développement (CNRD) a décrété, dès le 20 mai 2022, l’interdiction de toutes les manifestations sur la voie publique de nature à compromettre la quiétude sociale et l’exécution correcte des activités contenues dans le chronogramme jusqu’aux périodes de campagne électorale”, a déclaré Samira Daoud, directrice du bureau régional pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre d’Amnesty International.
Elle a ajouté : “Depuis la mise en place du régime de transition, l’accès à Internet et en particulier aux réseaux sociaux a été régulièrement coupé ou perturbé ; le signal des radios a été brouillé ou interrompu ; l’accès à des sites d’information a été empêché ; des médias privés télévisés ont été retirés des plateformes de diffusion, notamment des bouquets satellites. Des journalistes, des syndicalistes et des membres des forces vives ont été détenus arbitrairement pour avoir exercé leur droit à la liberté d’expression.”
La militante des droits de l’homme a fait remarquer que “malgré cet environnement particulièrement hostile aux libertés, de nombreuses personnes ont bravé les interdictions pour manifester”, a souligné Samira Daoud.
Elle a par ailleurs rappelé qu’entre 2019 et 2021, au moins 56 personnes avaient été tuées au cours de ces manifestations. “Il y a aussi un plus grand nombre de personnes qui ont été gravement blessées lors de la répression par l’armée, la police et la gendarmerie au cours des manifestations qui portaient principalement contre le changement constitutionnel et la réélection du président Alpha Condé.”
“Depuis septembre 2021, durant la transition du CNRD, au moins 47 personnes ont été tuées selon notre décompte, et un plus grand nombre de personnes ont été blessées toujours par les mêmes corps au cours des manifestations, soit en faveur du retour à l’ordre constitutionnel, soit pour demander le respect des droits humains…”, a précisé l’experte en droits humains.





































