A l’image de plusieurs quartiers de Conakry, de Kaloum à la haute banlieue, le déplacement reste un véritable calvaire les jours ouvrables aux heures de pointe et de rentrée. A Madina et dans ses alentours, dès 17 heures, c’est un champ de bataille pour les passagers en quête de taxi. Entre la Pharmacie Centrale de Guinée et les grands carrefours, les transporteurs imposent leurs règles et transforment le quotidien des citoyens en un parcours du combattant. Trouver un taxi direct pour Bambéto ou Koloma relève désormais de l’impossible. Les chauffeurs refusent la destination directe et contraignent les passagers à payer le trajet jusqu’à Cosa, soit 6 000 francs guinéens au lieu de 4 000 pour Bambéto. Ceux qui portent des bagages ou qui poursuivent jusqu’à Kagbelen sont privilégiés, laissant les autres dans une attente interminable. Face à cette situation, les motards profitent de la détresse des passagers. Pour un trajet Madina–Bambéto, ils exigent 15 000 francs par personne ou 20 000 francs pour deux passagers, des tarifs jugés exorbitants par les usagers.
Fatoumata Sylla, vendeuse de légumes et de fruits au marché de Madina, raconte son quotidien : « Chaque soir, je reste des heures à chercher un taxi. Quand j’ai des paniers de fruits, les chauffeurs me prennent, mais à condition de payer plus cher. C’est injuste, mais je n’ai pas le choix si je veux rentrer avant la nuit. » Amadou Bah, vendeur de lépi et de forêt sacrée, partage la même frustration : « Nous, petits commerçants, nous souffrons énormément. Les transporteurs fixent leurs prix comme ils veulent. Même quand je n’ai pas de bagages, ils me demandent de payer pour Cosa. Et si je refuse, je peux rester bloqué jusqu’à 20 heures. » Ce phénomène, loin d’être nouveau, s’aggrave chaque jour. Les passagers dénoncent une absence de régulation et appellent les autorités à intervenir pour mettre fin à ce désordre qui pénalise les travailleurs et les commerçants.
Amirou Diallo