L’anxiété est palpable dans les couloirs des ministères guinéens ! À l’approche des élections présidentielles du 28 décembre 2025, le chef de l’État, Mamadi Doumbouya, avait multiplié les restructurations pour s’entourer de lieutenants fidèles, capables de le propulser à la Magistrature suprême. Résultat : éclatement de plusieurs ministères pour élargir les bases politiques du CNRD (Comité National du Rassemblement pour le Développement).
Un gouvernement resserré, mais des doublons gênants
Lors de la formation du premier gouvernement de la Cinquième République, sous la direction du Premier ministre Amadou Oury Bah (nommé en 2024), Doumbouya a délibérément comprimé certains portefeuilles pour rationaliser les dépenses et renforcer le contrôle central.
Parmi les principaux touchés : Culture et Tourisme : fusionné en un seul.
Finances et Budget : recentré sur l’austérité post-coup d’État.
Information et de la Communication ; Télécoms et Économie Numérique : regroupés au MCENI (Ministère de la Communication, de l’Économie Numérique et de l’Innovation).
Sports et Jeunesse : allégé pour prioriser la formation professionnelle.
Éducation : Pré-universitaire et professionnel réunis.
Ce « bicephalisme discret », deux structures parallèles dans un même ministère, crée des tensions internes explosives.
Au MCENI, par exemple, cohabitent désormais deux secrétaires généraux (l’un hérité de l’ancien ministère de l’information et de la Communication, l’autre de l’Économie Numérique), deux chefs de cabinet (fidèles des ex-tutelles, en concurrence pour les strapontins) et des conseillers techniques en surnombre, issus des fusions. Des tractations féroces se mènent en coulisses. Ceux qui ont les « bras longs » (proches du Palais, ou du CNRD) négocient âprement.
Les autres misent sur leurs compétences managériales pour survivre.
Focus sur le MCENI : un casting sous haute tension
C’est au MCENI que la crise couve le plus. Le ministre, Mourana Soumah fraîchement nommé doit composer son équipe. Les postes en jeu sont stratégiques : Secrétariat général : pivot administratif, souvent promis à un fidèle de Doumbouya, avec contrôle des médias d’État comme la RTG et de la cybersécurité. Chef de cabinet : bras armé politique, clé pour les élections et la loyauté du dépositaire du mandat. Conseillers en innovation numérique : essentiels pour le « Guinée Digitale 2030 », mais doublons avec l’ex-Autorité de Régulation des Télécoms (500 milliards GNF alloués en 2026).
« Comme on dit dans le quartier : un va tomber », résume un cadre anonyme. Les nominations des chefs de département, actées fin janvier 2026, ont accéléré le mouvement : chacun « meuble » son cabinet à la hussarde, au risque de purges massives.
De l’anxiété des ministres à celle des subalternes
Si l’inquiétude logeait hier chez les ministres menacés de limogeage, elle frappe aujourd’hui leurs seconds. Confirmation ou éviction ? Les textos fusent, les alliances se nouent au palais Mohamed V.
Cette valse des chaises musicales révèle les fragilités des postes administratifs : la loyauté personnelle prime sur l’efficacité. Qui sautera en premier au MCENI ? Les paris sont ouverts. Reste à suivre les décrets du Journal Officiel.
Samarboy pour Billetdujour.com





































