Les membres de la Coalition des handicapés diplômés (CHD) ont tenu ce jeudi une conférence de presse à la Maison de la Presse de Guinée pour alerter sur leur exclusion persistante de la fonction publique. Ils ont développé le thème « Handicapés diplômés oubliés : nous voulons servir la nation. Intégrez-nous à la fonction publique », ils plaident une dérogation au recrutement classique. 

Géant Vévé Koïvogui, président de la CHD et responsable des personnes à mobilité réduite, a lu une déclaration forte devant les médias. Il a dénoncé les discriminations flagrantes malgré les engagements légaux de la Guinée. « Cette situation soulève des questions de différenciation, d’études sociales, d’équité et de respect des engagements nationaux et internationaux », a-t-il lancé, citant plusieurs textes contraignants. Parmi eux, la Convention 159 de l’Organisation internationale du travail (OIT) sur l’accès à l’emploi public pour les personnes handicapées ; la Convention relative aux droits des personnes handicapées (CDPH), ratifiée le 8 février 2008, et son article 27 sur le travail et l’emploi ; l’article 27 de la Constitution 2025 garantissant le droit au bien-être des personnes handicapées ; et la Loi 2025-020-CNT, promulguée le 25 septembre 2025, qui promeut et protège leurs droits.

Koïvogui a multiplié les interrogations poignantes : « En dehors de l’emploi, quelle est la différence entre une personne handicapée et un mendiant ? Dans les hôpitaux, la circulation ou les files d’attente, la priorité nous est réservée. Mais pour l’emploi, nous sommes relégués au second plan. Pourquoi cette différence ? »

Il a rappelé un épisode récent de frustration. En 2024, lors de l’annonce d’un recrutement massif à la fonction publique, la CHD espérait une avancée via la Fédération guinéenne pour la promotion des associations des personnes handicapées (FÉGUIPAH). À la surprise générale, un communiqué du ministère de la Promotion féminine, de l’enfance et des personnes vulnérables a demandé aux candidats handicapés de s’identifier pour un « accompagnement » au concours, ignorant la tradition historique de recrutements par dérogation (en 2000, 2005, 2008 et 2019, soit quatre promotions). « Beaucoup n’ont pas postulé, et nos démarches auprès des autorités n’ont pour le moment rien donné », a regretté le président.

Malgré une promesse faite le 18 décembre 2024 par l’ancienne ministre du secteur, rien n’a avancé. « Cette promesse tente de se réaliser, mais sans succès », a-t-il déploré, avant d’adresser un appel solennel : « Nous comptons sur vous, les médias, pour porter notre message au président de la République, Mamadi Doumbouya. Bienvenue à la nouvelle ministre Patricia Adeline Lamah et à l’ensemble du gouvernement. Notre cri du cœur : l’emploi à la fonction publique par dérogation ! »

Cette mobilisation intervient dans un contexte où la Guinée s’engage à renforcer l’inclusion des personnes vulnérables. Reste à savoir si cet appel sera entendu.

A-Tchol pour Billetdujour.com