M. Fousseny KONE est un gestionnaire guinéen polyvalent dont le parcours illustre un engagement profond en faveur du développement local, de l’amélioration de la performance organisationnelle et de l’accompagnement des initiatives communautaires. Actif dans les secteurs de l’administration locale, de l’entrepreneuriat, de la culture, du développement territorial et de la gouvernance, il s’est imposé comme un acteur clé de la transformation institutionnelle et du renforcement des capacités en Guinée. En prélude à la conférence citoyenne qu’il projette d’organiser, il a accepté de répondre à certaines de nos questions.
Il semble que la conférence citoyenne que vous allez organiser insiste sur les fondations d’une gouvernance renouvelée ? Pour quelle raison ?
La Guinée se trouve à un moment charnière de son histoire politique et institutionnelle. Les aspirations citoyennes, les défis socio-économiques et les impératifs de stabilité imposent aujourd’hui une refondation profonde des modes de gouvernance. Pour renforcer la confiance entre l’État et les citoyens, garantir la paix sociale et créer les conditions d’un développement durable, il est essentiel de s’engager dans une gouvernance renouvelée reposant sur trois axes majeurs et complémentaires à savoir la légitimité démocratique, l’équilibre des contre-pouvoirs, et l’indépendance effective de la justice.
Donc, le renforcement de la légitimité démocratique est une urgence ?
Vous savez, la légitimité de toute gouvernance repose sur la capacité de l’État à organiser des processus électoraux crédibles, transparents et inclusifs. Pour la Guinée, ce pilier est essentiel afin de rétablir la confiance des citoyens dans les institutions publiques, de garantir un accès équitable à la compétition politique, de prévenir les crises post-électorales récurrentes, de favoriser une représentativité réelle des différentes composantes sociales, territoriales et générationnelles. Renforcer la légitimité démocratique exige un cadre électoral stable, consensuel et conforme aux standards internationaux, des institutions électorales indépendantes et dotées de capacités techniques suffisantes, la participation de tous, y compris des femmes, des jeunes et des groupes marginalisés, la transparence totale du processus, de l’enrôlement des électeurs à la proclamation des résultats. Une gouvernance fondée sur la légitimité démocratique est la condition première d’un État stable et d’une société apaisée. Je rappelle rapidement que la consolidation démocratique repose également sur l’équilibre institutionnel entre l’Exécutif, le Législatif et le Judiciaire, ainsi que sur le rôle des institutions indépendantes. En Guinée, il est nécessaire de renforcer ces contre-pouvoirs afin de garantir la transparence de l’action publique, de prévenir les dérives autoritaires ou les abus de pouvoir, de favoriser la redevabilité et la participation citoyenne et surtout d’assurer un contrôle efficace des ressources publiques.
Cet équilibre suppose un Parlement pleinement opérationnel, doté de moyens techniques et humains mais également des institutions de contrôle (cours des comptes, autorités de régulation, institutions électorales) indépendantes et fonctionnelles, un espace civique protégé, permettant aux médias, aux organisations de la société civile et aux citoyens de jouer leur rôle d’observateurs et d’alerteurs. En résumé, dis jute, un État moderne repose sur des institutions capables de se contrôler mutuellement et de garantir un fonctionnement harmonieux au bénéfice de l’intérêt général.
Et la justice dans tout cela ?
Oui, il y a une réelle urgence de consolider l’indépendance réelle de la justice. La justice constitue la pierre angulaire de tout État de droit. En Guinée, une véritable gouvernance renouvelée passe impérativement par la garantie de l’indépendance des magistrats dans leurs décisions et leurs carrières, la protection du pouvoir judiciaire contre les influences politiques, économiques ou sociales, l’amélioration du fonctionnement des tribunaux et de l’accès des citoyens à la justice et la lutte déterminée contre l’impunité, la corruption et les injustices structurelles.
Une justice indépendante et accessible permet de renforcer la cohésion sociale, de garantir l’égalité de tous devant la loi, d’assurer la protection des droits humains et d’attirer les investissements en sécurisant l’environnement juridique. La consolidation de la justice est un prérequis au développement, à la démocratie et à la stabilité.
A vous entendre, la Guinée a besoin d’une gouvernance modernisée ?
Je dis juste que la Guinée a besoin d’une gouvernance modernisée, fondée sur la transparence, la redevabilité et la participation. Renforcer la légitimité démocratique, rééquilibrer les contre-pouvoirs et garantir une justice réellement indépendante sont des axes indispensables pour refonder durablement l’État guinéen.
La Guinée se trouve à un moment charnière de son histoire politique et institutionnelle. Les aspirations citoyennes, les défis socio-économiques et les impératifs de stabilité imposent aujourd’hui une refondation profonde des modes de gouvernance. Pour renforcer la confiance entre l’État et les citoyens, garantir la paix sociale et créer les conditions d’un développement durable, il est essentiel de s’engager dans une gouvernance renouvelée reposant sur trois axes majeurs et complémentaires : la légitimité démocratique, l’équilibre des contre-pouvoirs, et l’indépendance effective de la justice.
La légitimité de toute gouvernance repose sur la capacité de l’État à organiser des processus électoraux crédibles, transparents et inclusifs. Pour la Guinée, ce pilier est essentiel afin de rétablir la confiance des citoyens dans les institutions publiques, de garantir un accès équitable à la compétition politique, de prévenir les crises post-électorales récurrentes, de favoriser une représentativité réelle des différentes composantes sociales, territoriales et générationnelles.
En résumé, renforcer la légitimité démocratique exige un cadre électoral stable, consensuel et conforme aux standards internationaux, des institutions électorales indépendantes et dotées de capacités techniques suffisantes, la participation de tous, y compris des femmes, des jeunes et des groupes marginalisés et la transparence totale du processus, de l’enrôlement des électeurs à la proclamation des résultats.
Quels sont les points fondamentaux sur lesquels va consister la conférence citoyenne que vous organisez ?
La transformation de l’État guinéen en une institution efficace, redevable et capable de répondre aux besoins des citoyens nécessite une refonte profonde de ses modes de gestion. Une gouvernance moderne repose en effet sur trois fondements essentiels à savoir une administration publique professionnelle et dépolitisée, une lutte déterminée contre la corruption, et une gouvernance territorialisée permettant de réduire les disparités régionales. Ces piliers constituent la base incontournable d’un État au service du développement et de la justice sociale.
On peut dire alors que l’urgence en Guinée est d’avoir une administration modernisée, professionnelle et dépolitisée ?
La construction d’un État performant passe d’abord par la transformation de son administration. Pour être crédible, efficace et redevable, celle-ci doit être professionnelle, avec des compétences renforcées et une culture du service public valorisée, dépolitisée, afin que les recrutements, promotions et affectations reposent sur le mérite et non sur les allégeances politiques, transparente, en adoptant des mécanismes clairs de gestion des ressources humaines, financières et matérielles, orientée vers les résultats, avec des indicateurs de performance, des audits réguliers et une obligation de rendre compte, digitalisée, grâce à l’intégration des technologies numériques dans les services publics (état civil, fiscalité, marchés publics, cadastre, etc.), permettant de réduire les lenteurs, d’améliorer l’accès et de limiter les risques de corruption.
Une administration modernisée devient ainsi le moteur de la transformation nationale, en offrant à la fois efficacité, proximité et équité dans la gestion publique. La corruption constitue l’un des principaux obstacles à la stabilité institutionnelle et au développement socio-économique en Guinée. Il nous faut des institutions anticorruption fortes, indépendantes et dotées de moyens suffisants, capables de prévenir, d’enquêter et de sanctionner sans pression politique ou économique, un contrôle citoyen renforcé, en favorisant la transparence budgétaire, l’accès à l’information publique et la participation des organisations de la société civile et la protection des lanceurs d’alerte, pour encourager les signalements et éradiquer l’impunité.
Une lutte anticorruption crédible ne peut réussir qu’en instaurant un environnement où les abus sont détectés, signalés et sanctionnés sans délai. Elle participe directement à renforcer la confiance entre l’État et les citoyens. Le développement équilibré du territoire constitue un enjeu majeur pour la cohésion nationale. Une gouvernance territorialisée doit permettre de doter les collectivités locales de compétences réelles, notamment dans les domaines de l’éducation, de la santé, de l’aménagement et du développement économique, d’impliquer les communautés dans la prise de décision locale, afin que les politiques publiques répondent aux besoins réels des populations, de réduire les disparités régionales, en favorisant un accès équitable aux infrastructures, aux services sociaux de base et aux opportunités économiques.
La Guinée ne pourra consolider son développement, sa stabilité et sa démocratie qu’en réformant en profondeur sa gouvernance. Une administration modernisée et dépolitisée, une lutte anticorruption robuste et indépendante, et une gouvernance territorialisée équitable constituent les leviers essentiels pour bâtir un État efficace, transparent et orienté vers le service du citoyen.
Entretien realisé par Ahmed Diaouné





































