Donald Trump et son homologue russe Vladimir Poutine se rencontrent ce vendredi à Anchorage pour discuter d’une possible paix en Ukraine.
INTERNATIONAL – Un sommet entre les dirigeants des deux plus grandes puissances militaires du monde. Le président américain Donald Trump et son homologue russe Vladimir Poutine se rencontrent ce vendredi 15 août à Anchorage, en Alaska, pour tenter de trouver une voie vers la paix après trois ans et demi de guerre en Ukraine.
Kiev et les Européens redoutent que Donald Trump et Vladimir Poutine, en l’absence de Volodymyr Zelensky, n’entreprennent de redessiner la carte de l’Ukraine.
Les contours de la rencontre, les thèmes abordés et les objectifs des dirigeants commencent à se dessiner. Le HuffPost fait le point.
• Réunion, déjeuner, conférence de presse
« De bonne heure [vendredi], Donald Trump quittera la Maison Blanche pour notre base militaire à Anchorage », a expliqué la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, questionnée par la presse américaine jeudi après-midi sur le déroulé de la journée.
Une réunion doit débuter vendredi à 21 h 30, heure de Paris, a précisé le Kremlin. Après cet entretien en tête-à-tête, uniquement avec des interprètes, les deux hommes se retrouveront autour d’un déjeuner « avec les délégations respectives des deux pays ».
Les présidents russe et américain donneront ensuite une conférence de presse, la première depuis leur apparition commune devant les caméras en 2018 à Helsinki, qui avait viré au fiasco.
• Un lieu hautement symbolique
Donald Trump et Vladimir Poutine se retrouveront sur la base militaire d’Elmendorf-Richardson, proche d’Anchorage, dont l’importance stratégique a culminé pendant la Guerre froide.
La base a d’abord joué un rôle crucial dans les opérations militaires américaines contre le Japon pendant la Seconde Guerre mondiale. Mais c’est après 1945, quand montent les tensions entre l’Union soviétique et les États-Unis, que son activité culmine. De nos jours, elle conserve une importance stratégique majeure, surtout sur fond d’intérêt croissant pour l’Arctique.
L’immense site compte plus de 800 bâtiments, deux pistes d’atterrissage, et quelque 6 000 militaires au total y sont affectés, selon le site internet des forces aériennes du Pacifique.
Au-delà de l’intérêt logistique évident d’organiser la rencontre des présidents russe et américain sur un tel site, clos et ultra-sécurisé, le choix de cette base militaire est symbolique, selon George Beebe, ancien spécialiste de la Russie au sein de la CIA, expert au Quincy Institute for Responsible Statecraft. « Ce que fait (Donald Trump), c’est de dire que ce n’est pas la Guerre froide. Nous ne rejouons pas tous ces sommets de la Guerre froide qui se sont tenus dans des pays neutres, en Autriche, en Suisse et en Finlande. Nous entrons dans une nouvelle ère », avance l’expert.
La base a d’abord joué un rôle crucial dans les opérations militaires américaines contre le Japon pendant la Seconde Guerre mondiale. Mais c’est après 1945, quand montent les tensions entre l’Union soviétique et les États-Unis, que son activité culmine. De nos jours, elle conserve une importance stratégique majeure, surtout sur fond d’intérêt croissant pour l’Arctique.
L’immense site compte plus de 800 bâtiments, deux pistes d’atterrissage, et quelque 6 000 militaires au total y sont affectés, selon le site internet des forces aériennes du Pacifique.
Au-delà de l’intérêt logistique évident d’organiser la rencontre des présidents russe et américain sur un tel site, clos et ultra-sécurisé, le choix de cette base militaire est symbolique, selon George Beebe, ancien spécialiste de la Russie au sein de la CIA, expert au Quincy Institute for Responsible Statecraft. « Ce que fait (Donald Trump), c’est de dire que ce n’est pas la Guerre froide. Nous ne rejouons pas tous ces sommets de la Guerre froide qui se sont tenus dans des pays neutres, en Autriche, en Suisse et en Finlande. Nous entrons dans une nouvelle ère », avance l’expert.
Avant même l’annonce du lieu précis de la rencontre, le choix de l’Alaska pour accueillir Vladimir Poutine a par ailleurs suscité la controverse outre-Atlantique, plusieurs spécialistes et commentateurs soulignant que le 49e État étasunien a longtemps été surnommé « l’Amérique russe » après avoir été racheté par Washington à la Russie en 1867. « Je me demande s’il sait [Trump] que les nationalistes russes affirment que la perte de l’Alaska, comme celle de l’Ukraine, a été une mauvaise affaire pour Moscou, qu’il faut corriger », a notamment rappelé sur X Michael McFaul, ancien ambassadeur des États-Unis en Russie.
• L’Ukraine au cœur des discussions
Dans ce lieu symbolique et controversé donc, Donald Trump et Vladimir Poutine tenteront de trouver des solutions pour mettre fin à la guerre en Ukraine qui dure depuis 44 mois, après l’invasion russe de Kiev en février 2022. « Vladimir Poutine et Donald Trump discuteront de l’Ukraine et de la sécurité internationale lors de leur sommet », a confirmé le conseiller diplomatique du Kremlin, cité par l’agence TASS.
Le président américain a, lui, assuré ce jeudi sur Fox News Radio qu’il pensait que Vladimir Poutine était « convaincu qu’il allait conclure un accord ». Cependant, le Kremlin a émis plus de doutes sur cette possibilité. Le porte-parole russe Dmitri Peskov a déclaré qu’il ne s’attendait pas à ce que le maître du Kremlin signe des documents ou des accords.
« Je ne veux pas utiliser l’expression “se partager les choses”, mais d’une certaine manière, ce n’est pas un mauvais terme. Il y aura du donnant-donnant en ce qui concerne les frontières, les territoires », a également avancé Donald Trump.
« Si je n’étais pas président, (le dirigeant russe) voudrait prendre toute l’Ukraine. Mais je suis président et il ne fera pas le malin avec moi », a encore affirmé, très confiant, le républicain, qui a d’ailleurs estimé à « 25 % » le risque d’échec de sa rencontre avec le président russe.
Une nouvelle rencontre avec Zelensky ?
De son côté, le président ukrainien Volodymyr Zelensky est fébrile, tant il craint que le sommet se solde par un accord au détriment de l’Ukraine. Si les alliés européens font bloc derrière lui, ils ne sont guère plus rassurés face à l’imprévisibilité de Donald Trump. La position du président américain paraît en effet bien dure à sonder, entre menaces de sanctions contre Moscou un jour, et coups de pression sur Kiev pour accepter un morcellement de son territoire le lendemain.
Le républicain a en tout cas promis que cette première rencontre avec Vladimir Poutine déboucherait sur une seconde, cette fois-ci en présence de son homologue ukrainien.
Impossible de savoir si Donald Trump dit vrai. Mais une chose est sûre, le président américain a promis lors de sa campagne présidentielle de mettre fin à la guerre en Ukraine, alors qu’il se rêve en futur lauréat du prix Nobel de la paix.
Via HuffPosttonpost.fr