Le tribunal correctionnel de Kaloum a donné le coup d’envoi, ce lundi 12 janvier 2026, au procès très attendu de Fodé Moussa Mara, alias El-Sissi, figure militante du RPG Arc-en-ciel, l’ex-parti au pouvoir.
Emprisonné depuis novembre 2023, l’accusé fait face à de graves chefs d’inculpation : trahison et complicité de détention d’armes et munitions, malgré plusieurs reports précédents. Dès les premières minutes, El-Sissi a balayé d’un revers de main toutes les accusations. À la barre, il a nié être l’auteur des messages incriminés dans le dossier, les attribuant à un certain Ballakala Kaba, qui les aurait ensuite envoyés à l’ancien président Alpha Condé.
Le substitut du procureur Biwon Millimono n’a pas tardé à contre-attaquer. Il a réclamé la présence de témoins clés pour éclaircir les faits : Alpha Condé (ancien président, exilé en Turquie), la blogueuse Matou Traoré (basée aux États-Unis) et Ballakala Kaba (à Conakry). « La loi nous octroie trois mois pour ces convocations », a-t-il insisté.
La défense, menée par Me Mory Doumbouya, a vivement riposté. L’avocat a qualifié cette requête de « pur dilatoire », soulignant l’impossibilité pratique de faire comparaître ces figures et rappelant que Ballakala Kaba a déjà été condamné pour des faits comparables, tandis qu’Alpha Condé n’a jamais été poursuivi dans ce dossier.
Il a conclu par une double demande : rejet des réquisitions et libération provisoire de son client.
Sous la présidence de Mamadou Saliou Diallo, le tribunal a écarté la mise en liberté, renvoyant l’affaire au 13 avril 2026. À cette date, les témoins cités devront se présenter, ouvrant la voie aux réquisitions du parquet et aux plaidoiries.
A-Tchol pour Billetdujour.com




































