À l’occasion de la journée mondiale de l’éducation, de la culture africaine et afrodescendantes. Les membres de l’Ong Oméga étaient en face des acteurs des médias et par ricochet le grand public pour rappeler à l’opinion de ne pas baisser la garde de la lutte contre l’analphabètisme au sein de la couche féminine, notamment.
Dans son intervention de circonstance, la présidente de l’Ong Oméga, Marthe Dédé Koïvogui a fait remarquer que c’est avec une profonde conviction et un sens de l’urgence qu’elle a pris la parole en tant qu’actrice de la société civile :
“Nous sommes à un tournant décisif. Celui où la Guinée doit choisir entre la stagnation ou le progrès social par l’investissement humain. L’éducation en Guinée n’est pas simplement un service public, c’est le socle de notre souveraineté future. Pourtant, les chiffres nous interpellent. Malgré les efforts consentis”, a introduit la présidente de l’Ong Oméga.
Poursuivant, Marthe Dédé Koïvogui de revenir sur les disparités persistantes. “Le taux de scolarisation au secondaire reste précaire. Selon l’UNICEF, près de 50 % des enfants en âge de fréquenter le collège ne sont pas scolarisés. La situation des filles est encore plus critique. En Guinée, le taux de mariage d’enfants est l’un des plus élevés au monde. L’enquête Mix Multiple Indicator Cluster Surveys révèle que 17 % des filles sont mariées avant l’âge de 15 ans et plus de 45 % avant l’âge de 18 ans.”
Sur la même lancée, dame Koïvogui de souligner que la Banque mondiale estime que si chaque fille terminait ses études secondaires : “les revenus des femmes au cours de leur vie pourraient augmenter de 15 000 à 30 milliards de dollars au niveau mondial. En Guinée, une année supplémentaire de scolarisation peut augmenter les revenus individuels de 10 à 20 %. Éduquer 1 000 femmes, c’est briser le cycle intergénérationnel de la pauvreté. Une mère instruite à 50 % de chance de plus de voir ses enfants survivre au-delà de l’âge de 5 ans et les scolarisera à leur tour”, a-t-elle indiqué.
Concernant les recommandations, elle a fait savoir que pour ledit tableau sombre de l’analphabétisme se transforme en une victoire humaine : “Nous formulons trois appels à l’action. Le premier point, à l’endroit du gouvernement, un pacte financier. Nous invitons donc le gouvernement à respecter l’engagement de Dakar, allouer au moins 20 % du budget national à l’éducation, conformément aux recommandations de l’UNESCO, partenariat mondial pour l’éducation.
Actuellement, la Guinée est aussi souvent sous ce seuil. Un autre point, sanctuariser la scolarisation des enfants, institutionnaliser la gratuité réelle et effective des fournitures scolaires pour les filles des zones rurales et renforcer les lois contre les mariages précoces. Le troisième point, c’est à l’endroit de la société civile, une vigilance citoyenne est de mise. Le monitorage des proximités. Nous devons agir comme des sentinelles au sein des communautés pour identifier chaque cas de risque de décrochage scolaire. Passer de l’alphabétisation à la compétence.
Soutenir les programmes de formation professionnelle technique pour que l’école rime avec emploi. À l’endroit des familles, un changement de paradigme. L’école n’est pas une perte de temps. C’est une dot pour la vie. J’appelle les parents à voir en leurs filles une future cadre, médecin ou entrepreneure, plutôt qu’une monnaie d’échange patrimoniale.”
“L’engagement paternel est statistiquement le facteur le plus déterminant dans la réussite scolaire des jeunes filles. L’heure n’est plus au constat, mais à la mobilisation générale. Chaque jour où un enfant guinéen ne va pas à l’école est une perte de richesse pour la nation.
J’invite la presse, à être le relais de cris de cœur. Ensemble, faisons de l’éducation le premier chantier de la refondation. Pour nos filles, pour nos fils, pour la Guinée. Car l’éducation est l’arme la plus redoutable. Aucun développement n’est possible sans l’éducation”, a conclu la présidente de l’Ong Oméga.
Vivement que ce plaidoyer soit entendu par non seulement les mères et pères de familles, les acteurs de la société civile, mais aussi et surtout les décideurs.
A-Tchol pour Billetdujour.com





































