Le procès qui juge les circonstances de la mort de l’idole de tout un peuple est suspendu en attendant la nomination d’un nouveau panel de juges.
Le 29 mai 2025 à 19h06
Gianinna (à gauche) et Dalma Maradona, filles de la légende du football argentin, arrivent à l’audience à San Isidro, dans la banlieue de Buenos Aires.
Gianinna (à gauche) et Dalma Maradona, filles de la légende du football argentin, arrivent à l’audience à San Isidro, dans la banlieue de Buenos Aires.
C’était attendu, c’est désormais officiel ! Le procès sur la mort de Maradona, légende du football argentin et mondial, a été déclaré nul. Une décision qui tombe après deux mois et demi d’audiences. Il devra reprendre avec un nouveau panel de juges, a annoncé ce jeudi 29 mai le tribunal de San Isidro, après le scandale ayant entraîné la récusation d’une magistrate pour s’être prêtée à un documentaire non autorisé.
Le juge Maximiliano Savarino, président du tribunal, a estimé qu’après avoir entendu les parties, la conduite de la juge récusée avait « engendré un préjudice pour les parties accusatrices comme pour les défenses ». Il a en conséquence prononcé la « nullité du procès » et estimé que celui-ci devra reprendre « avec un autre tribunal », donc d’autres juges, mais sans évoquer d’échéance.
Diego Maradona, la mort d’une idole
Les parties au procès avaient mardi plaidé pour le dessaisissement de la magistrate de 47 ans, après la saisie de vidéos, lors de perquisitions depuis une semaine, montrant que la juge avait activement collaboré à la préparation d’une mini-série documentaire dont elle était protagoniste. Cette série promet de conter « Une idole, une juge, un procès ».
Des extraits de cette production en préparation, intitulée « Justice divine » (en référence au « Dieu » Maradona), notamment une bande-annonce, ont été diffusés mardi à l’audience.
Procès sur la mort de Maradona : sa fille dénonce une « horrible manipulation » du personnel médical
Après la récusation, une majorité des parties au procès en ont demandé la nullité, « pour que puisse être désigné un nouveau tribunal, et qu’on puisse recommencer », a ainsi plaidé Nicolas D’albora, avocat de l’infirmière Nancy Forlini.
Fernando Burlando, avocat des filles aînées de Maradona, estimait que le procès « avait une sale odeur, de rance. Pour cette raison, il faut nettoyer, tout changer ».
« Tout le monde sent désormais que c’est compromis, un nouveau tribunal serait le plus sain », a appuyé Mario Baudry, avocat de Veronica Ojeda, ex-compagne de Maradona.
Dans ce procès-phare qui fascine en Argentine et au-delà, sept professionnels de santé – médecins, psychiatre, psychologue, infirmiers – étaient jugés depuis début mars pour des négligences ayant potentiellement entraîné la mort de Diego Maradona. L’ex-joueur prodige était décédé en novembre 2020, après des heures d’agonie selon l’accusation, sur un lit de convalescence à Tigre (près de San Isidro), après une intervention neurochirurgicale qui s’était pourtant déroulée sans accroc.
En d’autres termes, le « Dieu » du football argentin est-il décédé à 60 ans d’une crise cardiorespiratoire doublée d’un œdème pulmonaire ? Ou la mort était-elle évitable, et y a-t-il eu malveillance, éventuellement consciente? L’accusation a pour sa part dénoncé un « assassinat ».
Vingt audiences en deux mois et demi, une quarantaine de témoins entendus, certains – comme les filles de Maradona – pendant de longues heures éprouvantes, et des perquisitions menées dans une clinique, se voient donc réduites à néant.
L’une des filles de Maradona, Jana, a fait part de sa « colère », à l’issue de l’audience.
« C’est scandaleux », a également commenté Veronica Ojeda, ex-compagne de la star et mère d’un de ses enfants, qui s’est toutefois dite déterminée à revenir témoigner lors d’un nouveau procès si nécessaire.
Le calendrier de ce procès – qui, à raison de deux audiences par semaines, devait initialement s’étirer jusqu’en juillet – est désormais très incertain. Le procureur disait encore espérer mercredi qu’il puisse reprendre « cette année ».
Via Leparisien.fr