Le Centre culturel franco-guinéen (CCFG) a servi de cadre pour la dédicace, ce samedi 25 avril 2026 du huitième livre de Mory Mandiana Diakité, intitulé “Le Discours sur la drogue.” Organisée en marge de la 18e édition des 72 Heures du Livre, la rencontre a réuni acteurs de la presse et invités spéciaux, dans une ambiance empreinte d’engagement citoyen.

Le préfacier de l’ouvrage, Pr Youssouf Sidimé, enseignant-chercheur, a salué son impact : « C’est un véritable outil de combat contre la drogue. Les moyens de coercition ne suffisent pas. Ce phénomène est Œcuménique et cosmopolite ; il faut une conjonction de méthodes, dont la sensibilisation qui interpelle gouvernants, parents, éducateurs et forces de l’ordre. J’ai même fait passer le livre dans la chambre de mes enfants ! »

Auteur et directeur général adjoint chargé de la recherche à l’Institut itinérant de formation et de prévention intégrées contre la drogue et autres conduites addictives (IIFPIDCA), Mory Mandiana Diakité défend la plume comme arme privilégiée. « Après ma nomination, j’ai réalisé que la répression a des limites. La littérature agit sur la sensibilité humaine et le cerveau, modifiant positivement les comportements. Je suis éducateur et ancien chercheur ; notre souhait est une société zéro toxicomane, mais cela exige la contribution de tous. Les Guinéens doivent se remettre en cause : l’avenir d’une nation repose sur sa jeunesse. »

Interrogé sur le soutien reçu, l’auteur, originaire du Wassoulou, n’édulcore pas la réalité : « C’est regrettable. Mon premier ouvrage, La drogue en milieux éducatifs, chemin de la perdition, n’a reçu aucune subvention, malgré mes démarches auprès d’institutions guinéennes et étrangères. Les parents préfèrent acheter une tablette à un million plutôt qu’un livre. L’incivisme gagne du terrain. »

Malgré ce constat alarmant, Diakité persévère. « Le combat n’est pas perdu d’avance. La conscientisation est complexe, mais les mentalités changeront. Le Discours sur la drogue est un long plaidoyer annexé d’un conte pathétique, conçu pour sauver notre jeunesse. »

Son appel à la société est clair : « Ce que nos parents n’ont pas accepté pour nous, nous ne devons pas l’accepter pour nos enfants. L’éducation n’appartient pas qu’à la famille, mais à toute la société. Nous importons tout, y compris nos fléaux ; le développement commence par notre culture. Agissons avant qu’il ne soit trop tard ! »

Cet événement souligne l’urgence d’une mobilisation collective face à la hausse de la prévalence de la drogue en Guinée, où la littérature émerge comme un levier inattendu de prévention.

Richard TAMONÉ pour Billetdujour.com