Ce jeudi 30 octobre, l’Institut National de la Statistique (INS) de Guinée a officiellement lancé l’enquête post-censitaire du quatrième Recensement Général de la Population et de l’Habitation (RGPH-4). Placée sous l’autorité du Ministère du Plan et de la Coopération Internationale, cette étape revêt une importance capitale pour garantir la fiabilité et la qualité des données recueillies lors du dénombrement principal réalisé en juillet 2025.

La cérémonie de lancement s’est déroulée au Palais du Peuple à Conakry, en présence de plusieurs membres du gouvernement, de partenaires techniques et de représentants d’institutions nationales.

Dans son discours de circonstance, le Directeur Général de l’Institut National de la Statistique (INS), Dr Makan Dombouya, a souligné que la production de statistiques pertinentes, fiables et actualisées sur la population est indispensable pour éclairer la prise de décision :« Pour relever les défis du développement, le gouvernement s’est engagé, dès 2022, à réaliser le RGPH-4 afin de disposer d’informations actualisées sur la population. Dans ce cadre, plusieurs activités ont été menées par l’Institut National de la Statistique, notamment les travaux préparatoires, la cartographie censitaire, le dénombrement principal, ainsi que l’enquête post-censitaire actuellement en cours. »

Il a précisé que, dans le cadre de cette enquête, des agents issus des collectivités, préalablement formés, seront déployés sur l’ensemble du territoire pour recueillir des informations auprès des ménages. L’objectif est d’évaluer la qualité des données collectées et de mesurer le taux de couverture du dénombrement principal.« Cette enquête constitue un contrôle de qualité scientifique indispensable pour valider l’intégrité du recensement. Elle repose sur une approche méthodologique innovante, intégrant les technologies de l’information et de la communication, notamment l’utilisation de tablettes pour la collecte. Ce dispositif permet un suivi en temps réel de la qualité des données, renforce la transparence et réduit les risques d’erreurs ou de détérioration. »

Dr Dombouya a également mis en avant le caractère novateur de cette opération :« Pour la première fois, nous disposerons d’une mesure précise des taux de couverture et des erreurs éventuelles du dénombrement principal. L’enquête couvre 189 zones de dénombrement, sélectionnées de manière aléatoire et scientifique sur l’ensemble du territoire, garantissant ainsi l’actualité et la représentativité des données. »

Il a insisté sur l’importance des ressources humaines mobilisées :« Le succès de cette opération repose sur les agents de collecte. C’est pourquoi un programme de formation complet et standardisé a été mis en place pour les superviseurs, chefs d’équipe, agents d’appariement et enquêteurs. »

Prenant la parole à son tour, la Représentante par intérim du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA), Anita Akumiah, a salué le lancement de la collecte des données post-censitaires du RGPH-4 : « Ces données constituent la matière première essentielle sur laquelle repose toute stratégie de développement national ambitieuse, visant à garantir les droits et les choix des populations. »

Elle a ajouté que la présence des hauts responsables de l’État à cette cérémonie témoigne de l’engagement du gouvernement guinéen à se doter d’informations statistiques fiables :« Ces données sont cruciales pour une planification éclairée, une allocation efficace des ressources et un développement durable et inclusif. L’UNFPA est honoré d’être un partenaire privilégié dans ce processus vital, aux côtés de l’INS et d’autres acteurs majeurs. Sans ces données précises, le suivi des progrès vers les Objectifs de Développement Durable serait compromis. »

Pour elle, ce quatrième RGPH, inscrit dans le cycle mondial des recensements, va bien au-delà d’une simple collecte : « Cette opération, structurée en plusieurs phases, franchit aujourd’hui une étape fondamentale vers un recensement conforme aux normes et standards internationaux. »

Le ministre de l’Enseignement Pré-universitaire et de l’Alphabétisation, Jean Paul Cédy, a exprimé l’intérêt que son département porte à ce processus :« Nous sommes prêts à travailler en toute clarté et transparence. Les données reçues doivent être durables. Pour accomplir ma mission au ministère, je ne peux le faire sans vous, INS. Sinon, je ne ferais que patauger. Vous êtes essentiels pour nous tous. »

Le ministre de la Jeunesse, Cellou Baldé, a rappelé que la vie d’une nation repose sur des statistiques fiables : « Il est important d’avoir des chiffres, mais il est encore plus crucial qu’ils soient authentiques. Des données erronées biaisent toute la chaîne de décision. C’est votre responsabilité, agents recenseurs. La République compte sur vous. »

Mohamed Lamine Sy Savané, Directeur de Cabinet de la Primature et Président du Conseil d’Administration de l’INS, a insisté sur le lien entre planification et développement :« Pour une vision, il faut un programme ; pour un programme, des objectifs ; et pour des objectifs bien définis, des ressources humaines et financières, ainsi que des indicateurs clairs. L’INS doit fournir aux décideurs des données fiables, collectées sur l’ensemble du territoire. Après la cartographie censitaire et le recensement, vient maintenant le contrôle qualité. Il permettra à la Guinée de mieux planifier ses projets et d’être en phase avec ses partenaires techniques et financiers. Le peuple attend beaucoup de ses dirigeants. »

Lançant solennellement les activités post-censitaires, le ministre du Plan et de la Coopération Internationale, Ismaël Nabé, a déclaré : « Il n’y a pas de planification sans données, et pas de développement sans planification. C’est pourquoi le gouvernement s’est engagé résolument dans la réalisation du quatrième recensement général de la population et de l’habitation, avec l’appui de partenaires techniques et financiers, notamment la Banque mondiale et le Fonds des Nations Unies pour la Population. »

Il a ajouté : « Aujourd’hui, nous entamons la phase de collecte des données de l’enquête post-censitaire. Elle nous permettra d’évaluer la couverture du dénombrement principal, notamment l’exhaustivité et la fiabilité des informations. Cette enquête s’inscrit dans un contexte marqué par l’élaboration du programme Simandou 2040. Comme le disait un ancien Premier ministre, les étoiles sont alignées pour notre génération. La population guinéenne, estimée à 13 millions, a augmenté de plus de 30 %. Nous avons procédé au rebasage de l’économie, le PIB a progressé, et nous avons lancé le programme de développement national. Tout est aligné. Sans des données fiables, il est impossible de bâtir un programme de développement solide. »

Le ministre a conclu en appelant à une mobilisation générale : « Ce recensement, qui servira de base à notre planification pour les 15 prochaines années, doit être une réussite. C’est pourquoi nous appelons à la mobilisation de tous : gouverneurs, préfets, sous-préfets, délégations spéciales, membres des conseils de quartier. Chacun, à son niveau, doit s’impliquer activement dans la sensibilisation des populations. J’invite tous les ménages, sans exception, à accueillir les agents recenseurs. Leur adhésion et leur engagement sont indispensables au succès de cette opération statistique majeure.

Richard Tamoné pour Billetdujour.com