L’ancien président du Sénégal, Macky Sall a passé, mercredi 22 avril 2026, son « grand oral » devant l’Assemblée générale des Nations Unies, dans le cadre de sa candidature au poste de Secrétaire général. Installé au siège de l’ONU à New York, il s’est présenté non seulement comme un politique expérimenté, mais comme un médiateur censé réparer la confiance dans une Organisation fragilisée par les guerres et les rivalités géopolitiques. 

Trois axes centraux de son discours

Macky Sall a structuré son intervention autour de trois grands axes : dialogue, écoute et consultation. Il a affirmé que sa priorité serait de « restaurer la confiance, apaiser les tensions, réduire les fractures et redonner espoir à l’action collective », conformément à la Charte des Nations Unies.

Il a promis de se positionner comme un Sécrétaire général impartial, qui « parle à tous et écoute tous », et se présente comme un « bâtisseur de ponts entre les nations, les cultures et les civilisations ».

Sur le plan des politiques concrètes, il a insisté sur une diplomatie préventive renforcée, avec une attention particulière aux systèmes d’alerte précoce, à la médiation et à la coopération entre l’ONU et les organisations régionales. Dans ce contexte, il a mis l’accent sur la nécessité de réduire les sources de migrations irrégulières en améliorant les conditions de vie dans les pays fragiles.

Une vision centrée sur l’Afrique et le Sud

Macky Sall a également mis en avant son expérience de près de quarante ans dans la gestion publique, de la fonction de fonctionnaire à celle de chef de l’État, pour défendre sa crédibilité.

Il a présenté une vision de l’ONU plus inclusive et équitable, en rappelant que la gouvernance mondiale doit intégrer davantage les voix africaines et du Sud, alors que l’organisation reste critiquée pour son déséquilibre entre grandes puissances et pays en développement.

Son discours a été marqué par une forte insistance sur le multilatéralisme renouvelé, la paix, la sécurité, le développement durable et la lutte contre les inégalités. Il a défendu l’idée que l’ONU doit « se mettre au service du monde entier », et non de quelques grandes puissances, tout en restant attaché aux principes de la Charte.

Une parole à la croisée des critiques

Si la prise de parole a été perçue comme solennelle et structurée, avec une rhétorique morale marquée (« nous », « générations futures », « paix »), elle a également réveillé la controverse autour de son bilan.

Dans son pays, de nombreux observateurs rappellent les critiques vis‑à‑vis de son gouvernement sur les droits humains et la démocratie, ce qui complique la réception de son discours sur la « restitution de la confiance » à l’ONU.

En somme, l’oral de Macky Sall à l’ONU a été un discours de rédemption politique autant qu’un plaidoyer pour une représentation africaine forte dans le futur leadership de l’ONU, à la fois admiré par ses soutiens et scruté au microscope par ses détracteurs.

A-Tchol pour Billetdujour.com