Depuis le 22 décembre, des faits préoccupants sont observés au niveau de la rivière Koubi, dans la commune urbaine de Pita, sur le tracé de la route nationale RN5 Conakry–Labé, actuellement en reconstruction. Des constats effectués sur le terrain font état de pratiques susceptibles de porter atteinte à l’environnement et à la santé des populations riveraines.
Des arbres abandonnés dans le lit de la rivière.
Selon les observations réalisées sur place, plusieurs arbres coupés lors des travaux ont été laissés directement dans le lit de la rivière Koubi, sans qu’aucune opération visible de dégagement ou de protection environnementale ne soit engagée. Des photographies prises depuis le 22 décembre confirment la présence de troncs et de débris végétaux entravant l’écoulement naturel de l’eau.
À ce jour, aucune barrière de protection, aucun balisage environnemental ni dispositif temporaire de gestion des déchets issus du chantier n’a été constaté sur ce tronçon précis.
Une ressource en eau fortement utilisée par les populations
La rivière Koubi occupe une place importante dans le quotidien des communautés locales. Utilisée toute l’année, elle sert notamment à l’approvisionnement en eau domestique, aux activités ménagères, à l’abreuvement du bétail et à certaines pratiques agricoles.
Bien qu’elle ne soit pas l’unique source d’eau de la zone, sa dégradation représente un enjeu sanitaire et environnemental majeur pour les riverains.
Des risques environnementaux et sanitaires identifiés
Des spécialistes de l’environnement rappellent que l’abandon de déchets végétaux dans un cours d’eau constitue un non-respect des mesures de protection environnementale généralement exigées dans les projets d’infrastructures. Cette situation peut favoriser la stagnation de l’eau, la décomposition organique, la prolifération de moustiques et de germes pathogènes, exposant ainsi les populations à des risques sanitaires avérés.
Sur le plan environnemental, ces pratiques peuvent également provoquer une modification du lit de la rivière, une dégradation progressive de la qualité de l’eau et, à terme, des inondations localisées.
Silence et absence de mesures visibles
À en croire toujours les sources locales, des démarches auraient été entreprises auprès des autorités concernées afin de signaler la situation. Aucune action corrective visible n’a toutefois été engagée à ce stade, alors même que les travaux se poursuivent.
Cette absence de réaction soulève des interrogations sur le suivi environnemental du chantier et sur le respect des obligations en matière de protection des ressources naturelles.
Un appel à l’intervention des autorités compétentes
Face à ces constats, une alerte citoyenne est lancée à l’endroit des autorités nationales compétentes, notamment celles chargées de l’environnement et des travaux publics, ainsi qu’aux entreprises en charge de l’exécution du chantier, afin que des mesures urgentes soient prises.
Il est notamment attendu :
une mission d’inspection environnementale sur le site,
le dégagement immédiat du lit de la rivière Koubi,
la mise en œuvre de mesures de protection conformes aux normes environnementales,
l’implication des communautés locales dans le suivi environnemental des travaux.
Développer les infrastructures sans sacrifier l’environnement
La reconstruction de la RN5 est un projet stratégique pour le pays. Toutefois, le développement des infrastructures ne saurait se faire au détriment de l’environnement et de la santé des populations. La protection des cours d’eau doit demeurer une exigence non négociable dans tout projet de développement durable.
Article publié à titre d’alerte citoyenne – Source anonyme.
Mamadou Diouldé Sow depuis Pita