Dans un communiqué conjoint du 13 mars, les ministères de l’Administration du Territoire (MATD), des Mines et de l’Environnement ont interdit l’usage de pelleteuses Poclain, bulldozers, tractopelles et engins mécaniques similaires sur tous les sites d’orpaillage artisanal. Cette décision vise à stopper la dégradation des sols, la pollution des rivières, la destruction de la biodiversité et les accidents mortels liés à ces machines inadaptées.

Impacts environnementaux et sécuritaires

Les autorités justifient ce décret par une urgence écologique et humaine : érosion accélérée des terres agricoles, contamination chimique des eaux potables et risques d’éboulements mortels en forte hausse. L’interdiction s’inscrit dans une formalisation du secteur pour contrer l’exploitation illégale déguisée en artisanal et protéger les communautés locales asphyxiées par la pollution.

Le précédent historique : des interdictions souvent contournées

Par le passé, des mesures similaires ont échoué à endiguer le problème. En juin 2024 à Gaoual ( Boké), une suspension totale d’orpaillage au profit de l’agriculture a été appliquée temporairement par les forces de l’ordre, mais levée rapidement sous la pression économique des orpailleurs. En 2023, une pause nationale des activités a été suspendue dès octobre pour relancer l’exploitation. Ces échecs révèlent un manque chronique de suivi terrain et une reprise anarchique dans les zones reculées comme la Haute-Guinée.

Suffiront-elles cette fois ?

Les tensions récentes à Siguiri et Kouroussa soulignent l’urgence, mais sans renforcement policier massif, alternatives économiques concrètes (formation professionnelle, sites régulés) et sanctions dissuasives, l’histoire risque fort de se répéter. Le gouvernement promet une fermeté inédite, pourtant le « grand test » de la Haute-Guinée, fief des pelleteuses dira si cette mesure marque vraiment une rupture avec l’impunité. Pour beaucoup d’observateurs, seule une stratégie globale alliant répression et développement local pourra venir à bout de ce fléau.

A-Tchol pour Billetdujour.com