Après des semaines de confusion, un arrêté conjoint vient remettre de l’ordre dans l’usage des avertisseurs lumineux et sonores en Guinée. Désormais, seuls quelques hauts responsables et services autorisés pourront circuler avec ces équipements.

L’époque où chacun pouvait fixer un gyrophare sur son véhicule et prendre la route à coups de klaxon pourrait toucher à sa fin. Lu mardi 29 septembre 2026 sur les antennes de la Radiodiffusion Télévision Guinéenne (RTG), un arrêté conjoint des autorités compétentes encadre désormais strictement l’installation, la détention et l’utilisation des sirènes et gyrophares sur les voies publiques.

Ces derniers temps, le désordre est devenu visible dans la circulation. Civils, militaires et responsables proches des sphères du pouvoir semblaient parfois s’arroger le droit d’équiper leurs véhicules de dispositifs réservés, en principe, aux situations d’urgence et aux missions officielles. Résultat : des cortèges bruyants, des dépassements facilités par les sirènes et une impression de privilège généralisé sur la route.

Onze personnalités autorisées en permanence

Le nouveau texte limite l’autorisation permanente à onze personnalités :

le président de la République ;

le président de l’Assemblée nationale ;

le président du Sénat ;

le Premier ministre ;

le ministre chargé de la Défense nationale ;

le ministre de la Sécurité et de la Protection civile ;

le ministre de l’Administration du territoire ;

le chef d’état-major général des Armées ;

le haut commandant de la gendarmerie nationale ;

le directeur général de la police nationale ;

le directeur de l’École de guerre.

Le ministre des Affaires étrangères bénéficie d’un régime particulier : il ne peut utiliser ces équipements que dans le cadre de missions liées à ses fonctions diplomatiques.

En dehors de ces personnalités, les gyrophares et sirènes restent réservés aux véhicules des forces de défense et de sécurité lorsqu’ils sont engagés dans des interventions officielles. Les ambulances et les corbillards rattachés à des unités hospitalières agréées sont également concernés par cette autorisation.

Le texte vise ainsi à distinguer clairement les véhicules engagés dans une mission d’urgence ou de sécurité des véhicules privés utilisés pour afficher un statut ou contourner les contraintes de la circulation.

La principale interrogation concerne désormais l’application effective de l’arrêté. Les chefs du gouvernement, les responsables militaires et les personnalités évoluant dans les cercles du pouvoir respecteront-ils eux-mêmes l’esprit et la lettre de cette nouvelle réglementation ?

Car au-delà du texte, c’est la crédibilité de la mesure qui est en jeu. Si les véhicules équipés de gyrophares continuent de se multiplier dans les rues, l’arrêté risque de rester une simple annonce administrative. En revanche, une application uniforme pourrait mettre fin à une pratique devenue, pour de nombreux usagers, le symbole d’un désordre routier et d’une hiérarchie des privilèges.

L’arrêté rappelle fermement que toute installation, possession ou utilisation de sirènes et gyrophares en dehors du cadre autorisé est interdite. Les contrevenants s’exposent à des pénalités administratives ainsi qu’à des poursuites judiciaires.

Le message des autorités est donc sans ambiguïté : désormais, le gyrophare ne doit plus être un accessoire de prestige, mais un équipement strictement lié à une mission officielle. Reste à savoir si cette règle sera appliquée à tous, sans distinction de grade, d’uniforme ou de proximité avec le pouvoir.

Tamboupret pour Billetdujour.com