Au cœur de la commune de Kaloum, le gouvernement guinéen a donné le coup d’envoi officiel du Premier Recensement général des entreprises (RGE‑1), une opération statistique inédite destinée à cartographier l’ensemble du tissu économique national, formel comme informel.
Placée sous le thème « Chaque entreprise compte, chaque information est utile », l’initiative s’inscrit dans la dynamique du Programme socio‑économique durable et responsable Simandou 2040, qui vise à transformer le potentiel guinéen en levier de diversification, de création de valeur et d’emplois.
Dans son intervention de circonstance, le Directeur général de l’Institut national de la statistique (INS), le Dr Makan Doumbouya, a planté le décor :
« Le gouvernement guinéen est engagé dans le processus de transformation structurelle de notre économie. Cette ambition est portée par le Programme social économique durable et responsable Simandou 2040, et vise à faire du potentiel de la Guinée un véritable levier du développement, de diversification économique, de création de valeurs et d’emplois. »
Il a rappelé que, dans cette logique, plusieurs grandes opérations statistiques ont déjà été menées : le Quatrième Recensement général de la population et de l’habitation (RGPH-4), le rebasage des comptes nationaux, la Sixième Enquête démographique et de santé (EDS‑VI), etc.
« Dans le souci de disposer également des statistiques fiables et d’accompagner les secteurs privés, le ministère du Plan, de la oopération internationale et du développement, à travers l’INS, a entrepris le processus de la réalisation du Premier recensement général des entreprises de la République de Guinée. »
Le RGE‑1 doit permettre, en complément du RGPH‑4, de : disposer d’un répertoire national des entreprises ; géolocaliser les unités économiques sur tout le territoire ; connaître les branches d’activité, les tailles, les nouveaux investissements et les emplois créés ; fournir des données utiles à la formulation, la mise en œuvre, le suivi et l’évaluation des politiques publiques. « Ce recensement en complément du RGPH‑4 permettra entre autres de disposer d’un répertoire national des entreprises. Et géo-localiser les entreprises en Guinée, de disposer des informations sur les branches d’activité, les tailles, de nouveaux investissements, ainsi que les emplois créés, fournir des informations statistiques utiles à la formulation, à la mise en œuvre, au suivi et à l’évaluation des politiques et programmes de développement. Et enfin, contribuer à une meilleure connaissance des capacités de production et des potentiels de notre pays. »
La mise en œuvre du RGE‑1 comporte huit phases : travaux préparatoires, sensibilisation des acteurs, cartographie des zones d’activité, recensement pilote, recrutement et formation des agents, collecte des données, traitement, puis validation et vulgarisation des résultats.
En prélude à la collecte, 1 100 agents ont été présélectionnés et formés sur plusieurs modules : méthodologie du recensement, outils de collecte, configuration des appareils, transfert des données, affectation des zones, prévention des violences basées sur le genre, hygiène, santé et sécurité au travail.
« À la fin de la formation, les agents ont été évalués en vue de s’assurer de leur niveau d’appropriation des enseignements reçus et de leurs capacités à mener cette opération avec succès. Au total, 972 agents ont été retenus pour collecter les données sur le terrain. Après cette cérémonie de lancement officielle, ces agents seront déployés immédiatement sur le terrain, en vue de collecter pendant deux mois, des données sur les activités, les emplois, les besoins d’investissement, les perspectives d’investissement des entreprises. »
De son côté, le président de la Chambre de commerce, d’industrie et d’artisanat de Guinée, Mamadou Baldé a exprimé un soutien franc et massif : « Nous avons apprécié cette initiative de quelle façon ? Après avoir commencé à implanter l’image de la Guinée à l’international à travers les forums internationaux auxquels nous assistons à travers le monde, nous étions une fois à une assemblée générale à Ankara/Turquie, aux côtés des Chambres de commerce du monde et la Chambre islamique. Et lorsque j’ai fini de prendre la parole, les organisateurs m’ont demandé, si je peux leur fournir les statistiques des entreprises de mon pays. Cela pour dire, à quel point, ce recensement nous intéresse. »
Puis d’ajouter : « Aujourd’hui, la Chambre du commerce de Guinée est la vice-présidente de toutes les Chambres de commerce d’Afrique. Au nom de l’ensemble du secteur privé, Dieu faisant que nous sommes présents dans toutes les régions, dans toutes les préfectures et dans toutes les sous‑préfectures. Nous nous rassurons ici, auprès du président du Conseil d’administration du recensement, pour rassurer de l’engagement entier d’accompagner la réussite de ce recensement. Nous reconnaissons la valeur et le potentiel de ce recensement. »
Le ministre de l’Industrie et du Commerce, Aboubacar Kourouma, a pour sa part insisté sur la complémentarité institutionnelle : « Le RGE-1 constitue une étape majeure dans l’amélioration de notre système national d’informations économiques. Il permettra à notre pays de disposer d’une connaissance plus fine, plus fiable et plus actualisée de son tissu entrepreneurial, indispensable à la formulation, au suivi et à l’évaluation de politiques publiques fondées sur des données probantes. »
« À cet égard, la complémentarité entre le ministère du Plan, de la coopération internationale et du développement, et le ministère de l’Industrie et du commerce, revêt une importance particulière. […] Les entreprises qui seront recensées constituent ainsi pour une large part les acteurs économiques avec lesquels notre département travaille quotidiennement. Notre implication n’est donc pas seulement souhaitable, elle est déterminante pour la qualité, l’exhaustivité et la propriété des résultats de ce recensement. »
La ministre de l’Administration du territoire et de la décentralisation, Djénabou Touré, a garanti l’appui de toute la chaîne administrative : « Je voudrais, à partir de l’instant, réaffirmer que tous les administrateurs territoriaux, Gouverneurs, préfets, sous-préfets, les maires seront aux côtés des agents recenseurs pour faire de ce recensement général des entreprises une réussite sur le territoire national. »
« Nous avons tous l’intérêt à vous accompagner parce que ce travail est un travail pour le développement local à la base, qui va permettre de mobiliser les recettes propres des communes, c’est un travail qui va permettre d’amorcer le développement dans nos collectivités territoriales. »
Présidant la cérémonie, le ministre du Plan, de la Coopération internationale et du Développement, Ismaël Nabé, a donné le ton politique et visionnaire de l’opération : « La République de Guinée part à la rencontre de son économie, dans nos villes, nos préfectures, nos sous‑préfectures, nos quartiers et nos villages, nous irons vers celles et ceux qui produisent, transforment, commercialisent, innovent, investissent et créent des emplois. »
« Pendant longtemps, nous avons parlé de notre économie à travers des estimations et des perceptions fragmentées. Désormais, nous voulons connaître avec précision notre tissu économique : combien d’entreprises existent, où elles se trouvent, dans quels secteurs elles évoluent, quelle est leur taille, combien d’emplois elles génèrent, quels sont leurs besoins et leurs obstacles. Ces questions ne sont pas seulement statistiques, elles sont des questions de développement. Derrière chaque chiffre, il y a une réalité humaine. Derrière chaque entreprise, un entrepreneur. Derrière chaque emploi, une famille. »
Selon lui, le RGE‑1 est bien plus qu’une collecte : « Le RGE‑1 est donc bien plus qu’une opération de collecte : c’est un investissement dans notre capacité nationale à connaître, décider et agir. Il offrira une photographie précise de notre appareil productif, un instrument de pilotage pour nos politiques publiques, permettant d’identifier les secteurs porteurs, d’orienter les investissements, d’accompagner les PME et de mieux cibler les financements. »
S’adressant directement aux agents recenseurs, il a lancé : « Je m’adresse particulièrement aux agents recenseurs : vous êtes les éclaireurs de la connaissance économique de la Guinée. Votre mission exige rigueur, intégrité, respect et professionnalisme. Chaque donnée collectée compte, car une erreur peut conduire à une mauvaise décision, coûteuse pour un territoire ou un secteur. Vous ne recueillez pas seulement des informations, vous construisez une partie de la mémoire économique de la Guinée. »
Et aux entrepreneurs, un message de rassurance : « Le succès du RGE‑1 dépendra de la mobilisation de toute l’administration et de la confiance des entrepreneurs. Je tiens à les rassurer : cette opération n’a pas vocation à sanctionner, mais à comprendre pour mieux accompagner. Votre entreprise ne doit pas rester invisible dans l’économie nationale. »
Enfin, il a replacé l’opération dans la trajectoire de la transition : « Sous le leadership du Président Mamadi Doumbouya, la Guinée s’est engagée dans une ambition historique : transformer ses ressources, ses territoires, son capital humain et son potentiel entrepreneurial en une économie plus diversifiée, productive, industrielle et créatrice d’emplois. […] Dans l’économie du XXIe siècle, la donnée est un capital stratégique. Elle nous permet de connaître notre présent, de mesurer nos progrès, d’anticiper notre avenir et de construire des politiques publiques adaptées aux réalités nationales. »
« C’est pourquoi, le RGE‑1 est une opération de connaissance nationale, un acte de souveraineté économique et une préparation de l’avenir. À travers plus de 1 000 agents recenseurs, la Guinée part à la rencontre d’elle-même. Aujourd’hui, nous franchissons ensemble un pas décisif. Le RGE‑1 commence. La connaissance de notre économie commence. Une nouvelle manière de planifier l’avenir de la Guinée commence. »
Avec le lancement officiel à Kaloum, les 972 agents retenus entament dès maintenant une campagne de collecte de deux mois sur l’ensemble du pays, couvrant entreprises formelles et informelles, unités de production, de transformation, de commerce et de services. Les résultats, une fois validés, serviront de socle aux futures politiques de soutien aux PME, d’industrialisation et de création d’emplois dans le cadre de Simandou 2040.
Richard Tamoné pour Billetdujour.com







































